Au début de l’été, j’ai eu la chance de recevoir de la part de Lucky Duck Games un jeu que j’avais découvert au festival Ludiquest et qui m’avait beaucoup plu, Verdant (et que je vous présenterai bientôt ici). Et dans le même colis, une petite surprise s’était faufilée, un jeu 2 joueurs que je ne connaissais pas du tout, Bestioles en guerre, avec le deuxième opus tout juste sorti, Bobards, pétards et mouchards*.
Ce jeu de cartes, servi dans une petite boîte, vous invite à un affrontement à 2 joueurs dans lequel vous tenterez d’obtenir la majorité dans les 3 théâtres de la ville. Avec son univers d’animaux mafieux au style particulièrement réussi, Bestioles en guerre vous offre un jeu intéressant que je vous présente dans cet article.
Edit février 2024 : le jeu est actuellement en promotion sur le site Esprit Jeu là.

Bestioles en guerre en un clin d’œil
Création de Jon Perry (Bestioles en guerre – Air, land and sea) et design de Derek Laufman (Bestioles en guerre – Air, land and sea)
Edité par LuckyDuck Games
2 joueurs
A partir de 10 ans
20 minutes
Mécaniques : Jeu de cartes, affrontement, majorité

Les règles du jeu en quelques mots
Thématique
Bestioles en guerre, vous invite dans un monde d’animaux un peu mafieux, qui vont devoir s’affronter pour prendre le contrôle des théâtres de la ville.

Le thème est ici tout à fait cohérent avec la mécanique de majorité et avec les pouvoirs des cartes qui permettront autant de construire son jeu, que de déconstruire celui de son adversaire.
L’univers est très plaisant et original, les illustrations réussies. Le jeu est un plaisir à sortir pour tous ses éléments, jusqu’à l’intérieur de la boîte élégamment décoré.

Les différents éléments du jeu
Comme je vous le disais, la boîte de Bestioles en guerre est de petite taille, et elle renferme un matériel optimisé :
- des cartes Bataille, de 3 couleurs différentes (violettes, rouges et noires), avec des valeurs de 1 à 6 et des pouvoirs spécifiques différents. Toutes ces cartes ont sur leur verso une illustration commune et une valeur de 2. Les cartes peuvent en effet être retournées au cours de la partie
- 3 cartes Théâtres (une violette, une rouge et une noire), lieux des batailles de majorité entre les deux joueurs
- des jetons renforts qui vous aideront à atteindre la majorité dans les différents théâtres
- des cartes 1ier et 2ième joueur, qui rappellent aussi les conditions de capitulation
- des cartes Points de victoires, qui vous permettront de noter vos points à la fin de chaque manche.

Le livret de règle est compact, rapide à lire et facile à comprendre.
La boîte est presque idéalement conçue avec des encoches pour passer ses doigts au moment de sortir les cartes. Sauf que ces encoches peuvent aussi laisser entrer les pions Renforts dans le double fond. J’ai donc récupéré un petit sac plastique pour rassembler ces pions et éviter de courir après à chaque nouvelle partie.
Petit tour sur les règles
Objectif : être majoritaire
Une partie de Bestioles en guerre se joue alors en plusieurs manches. Chaque manche permettra à un joueur de remporter des points et le premier qui en obtient 12 remporte la partie.
A chaque manche, votre objectif sera d’être majoritaire sur au moins 2 des 3 Théâtres de la ville.

Jouer une carte de sa main
Vous devrez pour cela tour à tour jouer une des 6 cartes de votre main initiale en respectant les contraintes de couleur (hors pouvoir spécial).

Appliquer son pouvoir
Vous pourrez donc à votre tour jouer une carte Violette dans le Théâtre violet.
Au moment où vous posez votre carte, vous appliquez aussi son pouvoir immédiat si elle en possède un. Les cartes ont des pouvoirs de types différents comme Gagner des jetons Renfort, Retourner une carte d’un Théâtre adjacent (une des vôtres ou de votre adversaire), Pouvoir révéler une carte pour retourner une carte en jeu, Piocher de nouvelles cartes, … Les cartes qui ont les valeurs les plus faibles ont les pouvoirs les plus puissants, alors que les plus fortes (valeur 6), n’en ont aucun.

Certaines cartes ont aussi des pouvoirs permanents que vous pourrez utiliser à chacun de vos tours de jeu tant que les dites cartes ne sont pas retournées.
Lorsqu’une carte est retournée, sa face verso est alors visible. Elle n’a aucun pouvoir et toujours une valeur de 2.

Au fil des tours, vous jouerez des cartes dans les différents Théâtres et dès que vous rejouez dans un Théâtre déjà occupé, on dit que vous Recouvrez la carte, qui se retrouve alors protégée et ne peut plus être retournée ou détruite par votre adversaire.
Déterminer le vainqueur de la manche
Les tours s’enchaînent jusqu’à ce que les 6 cartes de chaque joueur soient jouées. On additionne alors les valeurs des cartes et des Renforts dans chaque Théâtre et le joueur qui est en majorité sur au moins deux des trois, remporte la manche. Il gagne alors 6 PV.
Savoir capituler
Mais si vous sentez la défait approcher, vous pourrez aussi choisir de capituler avant la fin de la manche. Plus tôt vous capitulez, moins votre adversaire aura de points. Il faudra donc être attentif et bien anticiper pour limiter la casse et empêcher votre adversaire de repartir avec ce qui peut représenter en une manche la moitié des points à atteindre pour gagner la partie.

Des variantes pour renouveler le jeu
La règle propose aussi quelques variantes pour renouveler vos parties.
Vous pouvez d’abord augmenter l’objectif de points de victoires pour remporter la partie.
Et plus original, vous pouvez coupler une boîte de Bestioles en guerre – Bobards, pétard et mouchards avec une boîte Air, Land and Sea. Vous devrez alors choisir entre une partie Standard, mais en choisissant 3 des 6 couleurs de Théâtres et cartes des deux boîtes; ou Epique en jouant avec 10 cartes initiales provenant de 5 Théâtres (couleurs) différents.
Vous pouvez enfin jouer à 4 joueurs en équipe avec une ou deux boîtes de jeu.
Bestioles en guerre – Bobards, pétards et mouchards, j’en dis quoi ?
Bestioles en guerre est un jeu dont je n’avais encore jamais entendu parlé et au premier abord, pas le genre de jeu vers lequel je m’oriente avec sa configuration principale à deux joueurs et sa mécanique d’affrontement assez frontale.
Il a pourtant su me séduire grâce aux pouvoirs des cartes, à la bonne idée de capitulation et au design particulièrement réussi et original.

Des règles simples et accessibles
Le jeu s’explique d’abord en quelques minutes. Le concept est très simple, jouer une carte et appliquer son pouvoir, jusqu’à pouvoir déterminer une majorité dans les différentes théâtres.
Les pouvoirs sont aussi très facile à comprendre, il n’y a aucune ambiguïté grâce à un vocabulaire très clair et explicite. Le titre des cartes permet aussi aux joueurs habitués aux jeux de rapidement comprendre sa main sans avoir à tout relire.

Pour un jeu à prendre en main au fil des parties
Mais il faut avouer que lors des premières manches, on passe pas mal de temps à lire les différents pouvoirs et les premiers tours de jeu peuvent être un peu fastidieux.
Il faudra aussi bien connaître les différentes cartes et les pouvoirs présents dans tout le jeu pour savoir faire les meilleurs choix.

Malgré sa simplicité, le jeu offre donc une bonne courbe de progression et sera difficilement équitable entre un joueur avec plusieurs parties jouées et un novice.
Cependant les 18 cartes tournent rapidement et on comprend rapidement les possibilités offertes par le jeu.
Une stratégie délicate et intéressante à mettre en place
Une fois les pouvoirs maîtrisés, la stratégie à mettre en place est assez complexe à déterminer à chaque début de manche particulièrement. Il faudra en effet savoir protéger ses cartes fortes (valeurs 5 et 6 notamment), et garder ses pouvoirs les plus puissants pour supprimer les meilleurs cartes de ses adversaires.
Il faudra donc savoir trouver le bon rythme et ne pas se précipiter. Tout en sachant que de nombreux pouvoirs ne permettent de s’attaquer qu’aux cartes de pouvoirs adjacents, ce qui impose une contrainte intéressante et limite l’impact des cartes les plus offensives.

Un jeu qui peut être frustrant en fonction du tirage initial
L’élément le plus délicat à gérer est pour moi le début de chaque manche. Le tirage au sort de 6 cartes parmi les 18 que compte le jeu peut parfois être très frustrant si nos cartes ne sont pas assez puissantes pour remporter des majorités ou si les pouvoirs les plus efficaces fuient notre main.
La bonne idée de la capitulation
Cependant cet aspect qui aurait pu être rédhibitoire pour moi est parfaitement équilibré par la possibilité de capituler.

Et c’est pour moi LA très bonne idée de ce jeu. Elle permet de réellement de rééquilibrer les parties et ajoute une touche de stratégie très plaisante. Même si au final, il est toujours difficile d’abandonner très tôt tant les possibilités offertes par chaque main sont intéressantes.
C’est pourtant vraiment un élément capital pour remporter les parties et empêcher son adversaire de s’envoler au tableau de scores.
Un jeu d’affrontement petit format mais malin et stratégique
Au final, Bestioles en guerre – Bobards, pétards et mouchards est un jeu qui a vraiment su me séduire.

Son univers visuel est déjà très réussi et j’aime son originalité et toutes les illustrations du jeu.
Ses règles ensuite, bien que simples et abordables, offrent une réflexion intéressante à mettre en place pour choisir le bon timing pour jouer sa main. Les pouvoirs des cartes sont suffisamment variés et intéressants et permettent des retournements de situations qui font le sel du jeu.
Enfin, le concept de capitulation est pour moi l’élément qui permet d’équilibrer les parties et qui impose de savoir quand prendre des risques et quand limiter la casse.
Si vous recherchez un petit jeu d’affrontement à deux, que vous aimez l’interaction direct et assez offensive, je vous recommande de découvrir ce deuxième opus de Bestioles en guerre ainsi que le premier, si le concept vous emballe vraiment. La combinaison des deux boîtes doit permettre un très bon renouvellement des parties.
Vous pourrez vous procurer ce titre chez Philibert, BCD Jeux ou Ludum (code de parrainage 052478612 pour bénéficier de 5€ sur votre première commande).
*Jeu offert par l’éditeur et avis sincère












Laisser un commentaire