Apprendre les couleurs à son jeune enfant

En tant que bonne maman novice que je suis, je n’ai pas toujours les bons référentiels quant aux progrès des jeunes enfants. Je pensais ainsi qu’à 1 an, les enfants commençaient en général à parler alors que c’est plutôt l’âge des plus précoces.

Quand ma fille a commencé parler, et particulièrement quand elle est entrée dans la phase d’explosion du langage, j’ai voulu lui apporter le vocabulaire le plus riche possible pour combler son désir d’apprendre. Et en même temps que je lui présentais une grande variété d’animaux, d’aliments ou de vêtements; j’essayais aussi de lui apprendre le nom des couleurs de base, ce qui me semblait être facile…

Les couleurs : un concept difficile à appréhender

Mais en fait pour un jeune enfant, distinguer un chat d’un chien ou même un cochon d’inde d’un hamster est bien plus simple que de connaître la couleur d’un objet. La raison est en fait simple : les couleurs sont un concept et non un objet à part entière. Chaque objet peut avoir une couleur et il est compliqué pour le jeune enfant de comprendre le point commun lorsqu’on lui parle d’un pompom rouge et d’un body rouge. Si l’on ne prend pas soin de séparer l’objet de la couleur, cet apprentissage est donc bien plus complexe !

J’ai appris plus tard qu’un enfant apprend les couleurs de base en général entre 2 et 3 ans et il n’y a finalement aucune urgence à lui apprendre plus tôt mais si vous sentez que votre enfant s’intéresse à ce concept et que vous voulez l’y aider, voici mes conseils !

Conseil n°1 : Par observer ton enfant tu commenceras !

La première règle est commune à tous les apprentissages du jeune enfant : il faut prendre le temps de l’observer ! Si un enfant est en pleine phase d’apprentissage du langage, il délaissera peut-être les progrès moteurs et il sera inutile et inefficace de l’encourager à plus bouger.

L’apprentissage doit être un plaisir pour l’enfant et doit répondre à son besoin à lui ! Il restera ainsi ludique et sera bien plus rapide et efficace.

J’ai commencé à parler des couleurs à ma Petite Loutre lorsqu’elle avait 18 mois car j’essayais d’être précise dans ma manière de lui parler dans tous les domaines mais c’était bien trop tôt pour elle et elle n’a donc pas du tout accroché.

Puis un jour j’ai compris qu’elle s’était d’elle-même intéressée à ce concept. Le petit déclic chez nous a été qu’elle nous disait « le même » en accolant un pompom par exemple de couleur rouge avec son t-shirt du jour qui était rouge aussi. Elle ne connaissait pas le nom de la couleur mais remarquait la similitude !

Après avoir rangé quelques semaines mes outils d’apprentissage des couleurs, je les ai donc ressortis et elle a très vite appris toutes les couleurs de base, c’était le bon moment pour elle.

Le déclic a été de comparer les couleurs chez nous mais j’imagine que chez d’autres enfants il pourra prendre d’autres formes comme par exemple de demander directement la couleur d’un objet ou trier des jouets par couleur naturellement.

Conseil n°2 : Des supports de couleur simples tu utiliseras

Lorsque l’enfant s’intéresse aux couleurs et si vous voulez simplifier son apprentissage, la pédagogie Montessori nous conseille de simplifier le support de l’apprentissage pour que l’enfant se concentre uniquement sur la notion de couleur et ne soit pas distrait ou perturbé par d’autres informations. Je dirai donc qu’il faut privilégier des objets aux formes simples, non ludiques (pas de petits animaux par exemple) et identiques.

En pédagogie Montessori, l’outil classique d’apprentissage des couleurs est nommé la boîte des couleurs. Trois boîtes existent :

  • la première qui permet d’apprendre les couleurs primaires
  • la seconde qui ajoute les couleurs secondaires et tertiaires
  • la troisième qui s’intéresse aux nuances de couleurs.

Nous avions déjà gagné la troisième boîte des couleurs et lorsque je l’avais montrée à ma fille, elle avait immédiatement accroché à ces jolies plaquettes de couleurs. J’ai donc craqué et acheté la deuxième boîte sur Amazon. Alors autant vous dire qu’elles ne sont pas parfaites ! Au lieu d’avoir des couleurs bien franches, certaines sont trop proches comme le rouge et le orange. Pire, il ‘y a pas de plaquette blanche mais des grises claires et foncées. La nuance est donc trop fine et complique l’apprentissage. Mais à seulement une dizaine d’euros, j’ai trouvé ce compromis intéressant !

Mais finalement, vous pouvez très bien vous passer de ce genre de support et faire avec ce que vous avez à la maison ! Avec le recul, je vous conseillerai principalement des pompoms de différentes couleurs mais de taille identique, ou des blocs de construction style Duplo complètement unis et de même format. L’objet doit seulement être simple et attirant pour l’enfant.

Si vous tenez à acheter les boîtes de couleur, je pense que vous pouvez vous passer de la première. La deuxième reprend aussi les couleurs primaires que l’on trouve dans la première et il vous suffira de les isoler pour avoir le même matériel !

Conseil n°3 : Doucement tu iras !

Ensuite, il faudra aller doucement et présenter petit à petit les couleurs à son enfant ! Inutile et même contre-productif de lui parler directement de turquoise ou même de marron ! On commence gentiment par les couleurs primaires : à savoir le bleu, le jaune et le rouge. Puis seulement lorsque ces couleurs très contrastées sont bien connues par l’enfant, on passe aux secondaires : vert, orange et violet. On poursuit ensuite avec le rose, le marron et le gris. Et on oublie pas ensuite le noir et le blanc.

Conseil n°4 : La leçon en trois temps tu utiliseras !

Enfin une fois votre matériel choisi, je vous conseille de toujours vous inspirer de la pédagogie Montessori qui est vraiment bien pensée pour des apprentissages progressifs et naturels !

La leçon en trois temps est un classique de cette pédagogie et se décline pour beaucoup d’apprentissages. Le principe est de montrer l’objet ou le concept à apprendre à l’enfant en le nommant. Pour cette étape il ne faut pas trop multiplier le nombre de nouveaux objets ou concepts et se limiter à 3-4 par leçon. Ensuite on peut demander à l’enfant de répéter le nom puis en mélangeant les objets (ici les plaquettes de couleur), lui demander de montrer un des trois objets/concepts présentés. Enfin quand ces deux étapes sont acquises, on peut demander à l’enfant de nommer spontanément un objet/concept parmi ceux présentés.

Dans le cadre de la boîte des couleurs, une étape préliminaire à l’apprentissage des noms des couleurs est de faire comprendre le concept de couleur à l’enfant. Pour cela, voilà les étapes recommandées :

  • sortir 3 paires de plaquettes (d’abord les primaires puis lorsqu’elles sont acquises les secondaires et enfin les tertiaires)
  • les présenter à l’enfant en accolant les plaquettes de même couleur et en lui signifiant qu’elles sont identiques
  • mélanger les plaquettes et lui demander de les mettre par paire.

Ma puce a réalisé cette mise en paire immédiatement, me prouvant qu’elle avait compris le principe puis a ensuite rechigné à le faire de nouveau. Je crois que c’était en fait acquis pour elle et qu’elle n’en voyait plus l’intérêt ! Elle préférait alors manipuler les plaquettes, les déplacer, les empiler. Il faut donc être bien attentif pour ne pas manquer les capacités de son enfant et ne pas passer du temps sur une étape qui est en fait acquise par l’enfant et qui du coup le désintéresse !

Une fois le concept de couleur compris, on peut passer à la leçon en trois temps en nommant une couleur et en lui demandant de répéter; puis en lui demandant de pointer une couleur donnée et enfin en lui demandant de nommer directement une plaquette qu’on lui montre.

L’idéal est de répéter cette leçon en trois temps plusieurs jours d’affilée si l’enfant y porte un intérêt, jusqu’à acquisition du vocabulaire. J’aime ensuite lui laisser une pause. Je range les plaquettes et lui demande la couleur d’autres objets de son quotidien, évidemment parmi celles juste acquises. Quelques jours plus tard, je passe à de nouvelles couleurs.

Efficacité et intérêt de la méthode

Je pense que cette méthode a été très efficace avec ma fille ! L’utilisation de matériel simple et orienté vers l’apprentissage des couleurs a permis de vraiment isoler la difficulté et lui a permis de bien comprendre le concept de couleur. Dans notre quotidien, elle me disait alors parfois spontanément des couleurs qu’elle n’avait pas encore apprises et du coup se trompait, je lui indiquais alors le nom de la couleur en question. Et finalement sans s’en rendre compte, elle a appris toutes les couleurs de base sans avoir besoin de sortir toutes les plaquettes. Sa curiosité avait été aiguisée et elle cherchait seule à connaître toutes les couleurs qui l’entouraient.

Maintenant qu’elle connaît les couleurs de base, je vais attendre un moment je pense avant d’introduire des nuances plus fines avec par exemple la magnifique troisième boîte des couleurs.

En attendant, nous continuons à nommer (elle ou moi) quotidiennement les couleurs en restant sur des noms génériques (pas encore de turquoise ou de pourpre mais on y viendra sûrement dans quelques mois et je pense que la troisième boîte des couleurs sera un excellent support pour cela !).

Je pense aussi profiter de magnifiques jouets de la marque Grimm’s qu’elle recevra à son anniversaire et Noël pour continuer à l’éveiller aux similitudes et différences de couleurs.

L’intérêt maintenant de la méthode n’est pour moi pas tant d’apprendre le plus tôt possible à l’enfant les couleurs, la vie n’est pas une course et les enfants ont tout le temps pour ce genre d’apprentissages; mais plutôt de profiter d’une période sensible de l’enfant pour lui apprendre en douceur un concept qui n’est pas si simple.

Et vous, avez-vous utilisé des supports particuliers pour l’apprentissage des couleurs ? Ou êtes-vous intéressé par ce genre de méthode ?

Apprendre les couleurs à son jeune enfant

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