La charge mentale, vue de l’autre côté

Depuis quelques années, la charge mentale est une problématique qui a s’est vue offrir une médiatisation sans précédent, notamment suite à la publication de la BD de Emma Clit que vous pourrez trouver ici. Criant de vérité, cet article mettait en avant non seulement que les inégalités hommes/femmes sur la répartition des tâches ménagères étaient encore très présente en France. Mais que le problème allait bien plus loin, avec une déconnexion des hommes devant l’ampleur du travail.

Et j’avoue comme tout le monde, avoir été frappée par cette BD très juste. Sauf que chez moi, les rôles sont inversés et que c’est Papa Loutre qui gère la majorité des tâches ménagères et de l’administratif. Alors je dirai quand même que nous ne nous trouvons pas dans l’extrême présenté. Chez nous, c’est moi qui gère la cuisine, la planification des repas, je range tous les jours la maison, je gère la majorité des achats pour nos enfants. Mais quand il s’agit des tâches ménagères, des tâches administratives, mais aussi du jardin et du bricolage, c’est monsieur qui prend le relai.

Il faut dire que c’est déjà dans cet environnement que j’avais grandi avec mon père qui était lui aussi en charge du gros de l’entretien de la maison. Et loin d’être fière de cet état de fait, j’essaie de m’améliorer mais je dois avouer progresser très lentement. Et que cette charge mentale est le sujet de disputes récurrent au sein de notre couple.

Pourquoi délaisser cette charge mentale ?

Etant consciente du problème, voulant progresser et éviter les tensions à ce sujet; toutes les personnes ayant la responsabilité de cette charge mentale doivent se dire que je n’ai qu’à m’y mettre, que c’est tout à fait possible et simple puisqu’ils le font au quotidien.

Mais après des années à tenter de m’améliorer, je dois avouer que ça ne l’est pas pour tout le monde. Entre personnalité, éducation et habitudes, il est très difficile de changer à l’âge adulte. Je suis par exemple efficace sur les sujets qui me touchent. La qualité de nos repas, entre goût et équilibre alimentaire, est importante pour moi; la charge mentale de tout ce qui touche aux repas m’incombe et cela se fait très naturellement. Inquiète à l’idée que mes enfants ne manquent de quoi que ce soit, je suis toujours à jour quand il s’agit de gérer leurs vêtements, leurs jeux ou autres équipements. Supportant mal le bazar dans la maison, je suis capable de ranger plusieurs fois dans la journée les jouets des enfants alors même qu’ils sont présents et en train de tout ressortir à la minute où je passe dans une autre pièce.

Je suis donc active sur ces sujets car ils me touchent, que je les vois. Mais quand il s’agit de nettoyer, vider les poubelles ou gérer les papiers; mon seuil d’acceptation est bien plus élevé que celui de mon conjoint. C’est donc quasiment toujours lui qui se lance en premier et agit. Bien que motivée, si nous sommes en même temps à la maison, il finira quasiment toujours par se lancer avant moi. Et dès qu’il s’y est mis, il est impossible de l’arrêter même si je lui propose de faire à sa place. Et la BD d’Emma Clit me permet de comprendre pourquoi. Car si il en est à le faire, c’est qu’il y pense depuis un moment et est arrivé au point de rupture.

Une impasse d’où il est difficile de sortir

Et nous arrivons donc dans une impasse. Celle où se retrouvent sûrement beaucoup de couples. Alors évidemment je ne parle pas des hommes (ou femmes) qui refusent tout simplement certaines tâches. Mais dans de nombreux couples aujourd’hui, chaque membre accepte de prendre sa part et essaie de faire au mieux. Et pourtant la charge mentale est principalement gérée par une personne.

Dans certains cas cela se traduira par une acceptation de la situation et une charge de travail bien plus importante par un des parents. Et dans d’autres les disputes se succèderont et seront peut-être fatales au couple. Il y a pourtant des petites actions qui peuvent être mises en place pour tenter d’améliorer la situation. Voici celles que nous avons mises en place pour tenter d’équilibrer un peu les tâches dans notre couple ou celles que j’aimerai que mon conjoint fassent pour m’aider à m’améliorer.

6 pistes pour progresser ensemble

Parler du problème et le quantifier

Comme précisé dans la BD, parfois dans un couple l’inégalité n’est pas perçue de la même manière. La première étape est donc de parler calmement du problème pour que chacun prenne conscience de ce qui ne va pas.

Et si vous n’êtes pas d’accord sur l’ampleur des différences, pourquoi ne pas noter sur une semaine type les actions de chacun. En voyant écrit tout ce qui est réalisé par l’autre, il sera plus factuel de se rendre compte des progrès à réaliser. Cela peut sembler infantilisant mais je pense que cela peut vraiment aider à prendre conscience de la situation.

Accompagner les premiers progrès

Le titre de la BD d’Emma Clit est : « Fallait demander ». Avec cette recommandation, je ne vais donc pas dans le sens qu’il faudrait. Mais dans un premier temps, il peut être vraiment intéressant pour la personne gérant la charge mentale de demander de l’aide afin que certains automatismes se prennent. Cela peut être une simple demande orale ou une To Do List à destination du couple entier. Si le conjoint a du mal à vraiment anticiper les actions à réaliser, cela l’aidera à en avoir conscience et se lancer. Avec pour objectif final évidemment de faire prendre de bonnes habitudes et non pas de continuer ces listes toute une vie.

Accepter une aide tardive

Là encore la proposition n’est pas idéale. Vous aimeriez sûrement que votre conjoint anticipe. Mais si il n’y arrive pas immédiatement, ne le découragez pas lorsqu’il vous propose de vous remplacer sur une tâche. Ici encore avec le temps, la corvée deviendra naturelle au fur et à mesure qu’il la fait, jusqu’à pouvoir l’anticiper lui aussi.

Accepter que tout ne soit pas parfait et être positive

Et lorsque votre conjoint a fait une tâche que vous faisiez habituellement, évitez de trop critiquer. Même si le partage des tâches devrait être immédiat, si il ne l’est pas, soyez positive quand votre conjoint tente de faire sa part. Et même si tout n’est pas fait à votre manière, ne soyez pas immédiatement critique sous risque de définitivement le décourager.

En voyant que ses efforts vous font plaisir, il sera forcément plus volontaire de continuer alors qu’en se sentant critiqué, il se dira sûrement que cela ne sert à rien.

Confiez lui des tâches et ne craquez pas !

Vous pouvez aussi vous mettre d’accord ensemble sur certaines tâches qui lui incomberont désormais. Sortir les poubelles, passer l’aspirateur, nettoyer la douche. Quelles que soient les tâches choisies, tenez vous y et ne les faites pas à sa place. Il sortira sûrement la poubelle quand elle sera pleine à craquer et ne passera pas l’aspirateur dès le réveil le samedi mais il le fera au moment qui lui convient. Cela sera donc plus agréable pour lui que de devoir le faire au moment où vous l’avez choisi.

Soyez volontaire mais patiente

Enfin, gardez à l’esprit que ce changement sera bénéfique à tous et qu’il est donc important de ne pas craquer. A force de travail les tâches devraient s’équilibrer. Mais cela prendra du temps il faut en avoir conscience.

N’oubliez pas que tout ceci n’est pas naturel pour lui. Que ce soit à cause de son éducation ou tout simplement d’habitudes, changer sa manière de fonctionner à l’âge adulte est compliqué et prend du temps. Et bien que vous trouviez tout cela évident, cela ne l’est pas forcément pour lui.

J’espère que ces quelques conseils pourront vous aider si vous sentez un vrai déséquilibre dans la gestion de la charge mentale au sein de votre couple. Et si vous avez d’autres idées n’hésitez pas à les partager en commentaire.

Et si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à liker et mettre un petit commentaire cela me fait toujours plaisir. Vous pouvez aussi vous abonner pour être tenu au courant des prochains articles.

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Le blog et les jeux d'une Maman Loutre

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture