Lors du passage en début d’année, de la gamme des boîtes métalliques aux boîtes Biseau de la célèbre série de jeux compacts de Gigamic, un titre s’est rapidement démarqué, et a été encensé bien avant sa sortie, Once Upon a Draft*. Mêlant des mécaniques de draft et de combinaisons, dans un univers inspiré des contes de notre enfance mais remis au goût du jour et des adultes avec des illustrations très belles et un peu loufoques; j’ai été très intriguée dès que j’ai entendu parler de ce titre et je n’avais qu’une hâte, le découvrir; bien qu’il me faudrait pour cela attendre de longs mois.
Et c’est donc à l’automne que j’ai pu mettre la main sur une boîte, grâce à mon partenaire Esprit Jeu que je remercie, et je me suis donc empressée de découvrir ce petit jeu qui était sur le papier, fait pour moi.
Comme cela arrive parfois lorsque l’on attend beaucoup d’un jeu, je ressors cependant un peu mitigée après mes premières parties, séduite par le concept et la beauté de Once Upon a Draft, mais aussi un peu frustrée par le manque de contrôle que je ressens malgré mes tentatives de stratégies différentes et de domptage de cette nouveauté.

Once Upon a Draft en un clin d’œil
Création de Joe Hout
Illustré par Jan Bintakies
Edité par Gigamic
3-6 joueurs
A partir de 10 ans
30 minutes
Mécaniques : Jeu de cartes, Combinaisons, Draft, Construction de tableau

Les règles du jeu en quelques mots
Dans Once Upon a draft, vous jouerez vos parties au cours de 3 phases successives, une première de draft qui vous permettra de créer votre main, une seconde de bataille ouverte où vous devrez gagner des plis et gagner des points en vous aidant des cartes adverses, et une troisième de création de tableau dans laquelle votre main initiale devra se combiner de la meilleure des manières.

Thématique
La thématique de Once Upon a Draft, est pour moi l’une de ses grandes qualités.
Choisir d’immerger un jeu adultes dans l’univers de contes de notre enfance aurait pu être un choix risqué, tant il pourrait laisser de côté certains adultes pas tellement curieux de replonger dans ces histoires. Mais dès l’ouverture de la boîte, on se rend compte qu’à l’instar de films comme Shrek, le parti pris est ici clair et à la dérision, avec des illustrations matures et loufoques, qui nous font redécouvrir ces personnages d’un autre œil.
L’utilisation de ces livres que nous connaissons tous, permet aussi de reconnaître en un regard les protagonistes et leurs liens, qui poseront les bases des interactions entre les cartes.
Je trouve donc le thème et sa déclinaison vraiment parfaits et audacieux, pour une grande réussite.

Les différents éléments
Faisant partie de la gamme des boîtes Biseau, Once Upon a Draft est un jeu avec un matériel optimisé, et d’une qualité que je n’attendais pas dans ce petit étui :
- 50 cartes Personnages magnifiquement illustrées
- des petits pions en bois très beaux et colorés pour compter les points, rangés dans un sac en papier.

Petit tour sur les règles
Première phase : le draft
Au début du jeu, chaque joueur recevra 8 cartes de la pioche, parmi les 50 disponibles. En fonction du nombre de joueurs, un nombre de cartes donné ne sera alors tout simplement pas intégré à votre partie.
Ces cartes ne seront pas celles de votre main, puisque vous devrez les drafter afin de la constituer.
Vous commencerez donc par conserver une carte des 8 distribuées, puis vous passerez les 7 cartes restantes à votre voisin. Vous choisirez alors une carte de ces 7 puis ferez passer votre tas. Vous recommencerez cette opération jusqu’à avoir sélectionné les 8 cartes, qui formeront votre main pour la partie.

Deuxième phase : la bataille
Lors de la deuxième phase, vous vous affrontrez au cours d’une bataille ouverte.
Le dernier joueur à avoir vu un lapin blanc commencera et choisira une carte de sa main qu’il jouera au centre de la table. Dans le sens des aiguilles d’une montre, les autres joueurs joueront à leur tour une carte.
Lorsque tous les joueurs auront joué, celui qui aura mis la carte de valeur la plus forte remportera un jeton Etoile qui vaudra deux points en fin de partie (et sera celui qui jouera en premier au tour suivant).
Mais en plus de cela, tous les joueurs pourront remporter des jetons, en fonction de la carte qu’ils ont jouée et de la manière dont elle se combine avec les autres.
Dans l’exemple ci-dessous, le joueur ayant joué Pinocchio aurait pu gagner 3 cœurs si Geppetto avait été joué. Celui qui a joué Peter Pan remporte lui deux cœurs car les deux autres cartes jouées présentent l’icône Bébé, en plus de son Etoile car sa carte était la plus forte.

Chacun remporte ses gains et récupère sa carte qu’il met de côté, car elle sera de nouveau utilisée lors de la troisième phase.
Troisième phase : la création de tableau
Lorsque les 8 plis ont été joués, vient le temps de la dernière phase, celle de la création de tableau.
Chaque joueur reprend toutes ses cartes et les joue devant soi. Il active alors une deuxième fois chacun des pouvoirs, qui se combineront cette fois-ci avec les cartes de sa propre main, au lieu de celles jouées au cours du même pli.

Fin de partie
A la fin de la partie, le joueur qui possède le plus de jetons verts en gagne 4 de plus, et les points sont additionnés :
- deux jetons verts font gagner 1 point
- un cœur rapporte 1 points
- une étoile en offre 2.
Le joueur qui possède alors le plus de points remporte la partie.

Once Upon a Draft, j’en pense quoi ?
Once Upon a Draft était vraiment un jeu que j’attendais avec impatience cet automne, et qui devait me réconcilier avec les jeux de cartes, auxquels nous jouons rarement. Séduite par son originalité, son design et ses mécaniques classiques et efficaces, j’ai cependant eu un peu de mal à rentrer dedans, à cause d’un sentiment notable de manque de contrôle. Malgré mes tentatives sérieuses de mettre en place une stratégie gagnante, j’ai globalement subi mes parties, gâchant un peu le plaisir que le jeu parvient malgré tout à procurer.

Un thème décliné avec brio
Du côté de la thématique et des illustrations, mes attentes ont été remplies au-delà de mes espérances. Les cartes sont évidemment uniques et présentent toutes des dessins originaux, amusants et remplis de détails qui vous feront sourire.
La princesse furieuse ci-dessous en est un parfait exemple et vous permet d’aborder les célèbres contes selon un autre point de vue. J’ai vraiment ressenti cet univers à la Shrek que j’avais déjà tellement aimé, et qui me plaît toujours autant.
Alors que je ne m’émeus généralement pas d’un design au point de choisir un élément selon ce critère, je dois avouer qu’il m’est ici arrivé, lors d’un premier tour où ma stratégie n’était pas définie, de choisir ma carte sur la bouille d’un personnage qui me plaisait trop.

Une phase de draft capitale
La première phase du jeu est pour moi la plus importante, mais aussi la plus sérieuse. Chacun joue dans son coin, étudie chaque carte et je l’ai trouvée globalement peu efficace pour nous mettre dans l’ambiance du jeu, surtout lors des premières parties où l’on connaît mal les cartes.
Elle est cependant capitale et demandera pour être vraiment bien jouée, de faire appel à sa mémoire, afin d’enregistrer les cartes en jeu et de faire ses choix en fonction de ce que l’on a vu passer. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que je ne suis pas particulièrement performante sur ce jeu, puisque je n’aime vraiment pas mémoriser en jouant, et que je ne fais donc pas vraiment l’effort.
L’autre difficulté mais que je trouve pour le coup très intéressante, c’est de devoir choisir chaque carte en pesant sa faculté à gagner des plis, et à offrir un pouvoir avantageux pour remporter des points en combinaisons avec d’autres cartes lors des phases 2 et 3.
Dès que les premières cartes ont été choisies, il faudra aussi être attentif à savoir mettre de côté celles qui se combineront bien et offriront des points en fin de partie.

Des cartes identiques qui scorent dans deux phases différentes
La clé je pense, pour être le meilleur dans vos parties de Once Upon a Draft, sera de savoir sélectionner des cartes qui pourront à la fois marquer lors de la deuxième et de la troisième phase. Dans certains cas cela sera impossible, avec notamment les cartes qui marchent par paires; dans d’autres cela pourra être très efficace, avec par exemple les cartes qui marquent en fonction des icônes visibles.
J’ai souvent eu tendance à miser sur les points de gain de plis, qui me semblent être les plus prévisibles et anticipables, mais le problème des grosses cartes, est qu’elles n’ont aucun pouvoir, ou des plus faibles.
La prise de décision est donc complexe mais aussi intéressante, tant que l’on accepte que tout ne sera pas prévisible, principalement à cause de l’absence d’un grand nombre de cartes notamment dans les parties à 3 ou 4.

Une anticipation différente en fonction de la configuration
Dans mon entourage, nous jouons en grande majorité à 4 joueurs, et j’ai le sentiment que dans cette configuration, il est assez dur de vraiment programmer son jeu.
Le principal reproche que je ferai dans ce cas-là, serait que de nombreuses cartes seront absentes du jeu et qu’à 4, il vous faudra 4 tours de draft pour voir passer toutes les cartes en jeu. Vous aurez alors peut-être déjà sélectionner des cartes qui ne fonctionneront pas réellement en combinaison. J’imagine qu’à 3 ce défaut est un peu atténué par le fait que vous aurez fait le tour des cartes en jeu en moins de tours de draft.
A 6, vous jouerez avec la quasi totalité des cartes, mais vous n’aurez aussi que deux chances de re-sélectionner une carte déjà vue, en sachant que celles qui vous intéresseront auront peut-être déjà été mises de côté.
Je pense qu’il faudra alors aborder différemment vos parties en fonction du nombre de joueurs, bien que je ne sois pas sûr que l’on ait plus de contrôle dans un cas ou dans l’autre.

Le sentiment d’un manque de contrôle
Vous l’aurez compris, le sentiment qui se démarque vraiment en moi, après mes parties de Once Upon a Draft, c’est celui du manque de contrôle.
J’essaie toujours quand je joue à un jeu stratégique, de faire les meilleurs choix et je ne suis pas du genre à me laisser porter par le jeu, sans réfléchir chaque action. Je suis capable d’être plus candide lorsque je joue à des jeux qui annoncent immédiatement la couleur, comme étant des jeux hasardeux, mais ce n’est ici pas le cas pour moi, et j’ai donc toujours du mal à prendre un plaisir total de jeu, malgré les qualités que j’apprécie tout de même.
Un jeu original qui me laisse entre deux
Au-delà de ce manque de contrôle dont j’ai beaucoup parlé, je trouve que Once Upon a Draft est une proposition intéressante, qui pourra aussi être très satisfaisante lorsque vous parviendrez à obtenir les bonnes combinaisons.
C’est d’ailleurs un titre qui a su séduire de nombreux joueurs, avec ses parties rapides qui nous font presque jouer à 3 jeux différents, mais qui s’entremêlent brillamment.
Je pense donc que le jeu mérite absolument d’être testé, bien que je sois passé un peu à côté. Je reconnais en effet ses belles qualités et c’est d’ailleurs un jeu que je conserverai et que je continuerai à faire découvrir autour de moi, en espérant enfin saisir le truc et prendre à mon tour le plaisir de jouer, vanté par d’autres avant moi.
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*Collaboration commercial non rémunérée avec Esprit Jeu













Merci pour cet avis super detaillé !
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