Continuer l’allaitement en reprenant le travail

Dans un précédent article, je vous donnais mes conseils pour bien démarrer l’allaitement. Une fois que les premières semaines charnières ont enfin été passées, pas le temps de se reposer puisqu’en général, arrive à cette période la reprise du travail…

Au début de mon allaitement j’espérais tenir 3 mois puis je me suis dit que la reprise du travail ne serait pas conciliable avec la poursuite d’un allaitement exclusif, bien aidée par les remarques de mon entourage et de la société. Je comptais donc les jours qui me séparaient des biberons industriels et cherchais à profiter au maximum des jours qui me restaient !

Malgré tout, une petite partie de moi, la plus têtue, cherchait les meilleurs conseils pour maintenir ma lactation et ce lien unique avec ma fille. Je me suis accrochée et j’ai découvert qu’il était possible d’allaiter et de travailler, moyennant une organisation nouvelle.

Le temps partiel

Le top du top pour poursuivre son allaitement est évidemment de limiter son temps de travail à la fin du congé maternité.

Certaines entreprises proposent un allongement du congé maternité pour cause d’allaitement mais c’est extrêmement rare en France.

L’état propose lui systématiquement aux salariés du secteur public et privé des aides liées à l’aménagement du temps de travail. Cette aide s’appelle PrePaRe et vous pouvez trouver des informations précises sur le site officiel du service public ou avoir mes explications et mon expérience personnelle ici.

En résumé, pendant 6 mois par parent pour un premier enfant ou 24 mois pour un second, l’état vous verse une allocation en fonction de votre temps de travail – supérieur à 50%, entre 1% et 49% ou à 0%.

Il est difficile de trouver des informations précises et justes sur le sujet et on peut vite se faire avoir sur un mois ou deux de versement. Prenez bien le temps de vous renseigner pour bien comprendre ce à quoi vous avez droit !

Ensuite, la loi vous autorise à réduire votre temps de travail jusqu’au trois ans de votre enfant (6 ans pour les familles avec 3 enfants). Vous n’aurez pas de compensation financière supplémentaire après l’arrêt de la PrePaRe mais votre employeur ne pourra pas vous refuser une diminution de votre temps de travail. Il pourra par contre vous imposer les conditions de votre diminution (diminuer de x% chaque journée ou libérer x journées de travail par semaine). C’est ici que vous trouverez des informations sur le sujet.

Ces temps partiels ne sont pas toujours bien vus en fonction des secteurs mais tout est possible ! Ingénieure, j’ai osé et j’ai pu bien profiter de ces systèmes pour passer du temps avec ma Petite Loutre.

Il faut par contre pouvoir encaisser la perte financière associée mais si vos finances vous le permettent, je vous le conseille fortement ! Ce n’est que l’histoire de quelques mois dans votre carrière et si vous en ressentez l’envie, vous ne regretterez pas ce choix qui vous permettra de bien voir grandir votre bébé durant ses premiers mois !

Préparer sa reprise du travail en avance

Bien avant ma reprise du travail, je trouvais plus souvent des articles sur la meilleure façon de sevrer son bébé avant son retour au boulot que sur des conseils pour concilier travail et allaitement.

Pourtant, il est possible et même recommandé je pense, de préparer un peu la chose.

Pour le bébé déjà, essayer de lui faire donner (par le papa ou une autre personne proche) des biberons, idéalement de lait maternel. Ma fille a tout de suite très bien géré le biberon, bien qu’elle ait parfois préféré m’attendre plutôt que de boire au biberon. Mais tous les bébés ne sont pas aussi tolérants sur le sujet. Je vous conseille donc de bien choisir un biberon adapté aux bébés allaités. La forme de sa tétine sera en général plus proche de l’anatomie d’un sein. Et de commencer à l’y habituer quelques jours/semaines avant votre retour au travail. Comme plusieurs mamans allaitantes, j’ai choisi les biberons Natural de Avent et je ne regrette pas ce choix.

Ensuite mon deuxième conseil est de commencer à faire des stocks de lait au plus tôt. Pas de pression à avoir sur la quantité d’avance à produire mais chaque pot de lait maternel congelé est un repas de plus pour votre bébé en votre absence.

Comme je l’ai dit dans mon précédent article, je profitais des surplus de lait le matin et la nuit pour tirer ce que ma fille ne buvait pas. Sans jamais la priver, j’ai réussi à  mettre de côté plusieurs litres de lait qui nous ont ensuite permis de tenir jusqu’au 8 mois de ma fille (en travaillant à 40%)

L’organisation au travail

Que vous soyez en temps partiel ou non, il faudra adapter votre organisation au travail pour donner toutes les chances à votre allaitement.

Si vous le pouvez, modulez vos heures de travail en fonction des horaires de tétée de votre bébé. Chaque repas supplémentaire que vous pourrez faire directement avec lui sera bénéfique !

Ensuite au travail, vous avez le droit légalement de dégager du temps pour tirer votre lait. Si votre entreprise a suffisamment d’employés, elle est même tenue de mettre à disposition une salle pour cela !

Dès ma reprise du travail, j’ai tiré deux fois mon lait par jour au travail. J’amenais mon gros tire-lait électrique pas bien discret mais efficace et je gardais ensuite les pots de lait au frais (j’ai depuis pu découvrir le tire-lait électrique compact de Tommee Tipee qui il faut l’avouer et bien plus agréable à transporter et utiliser). Je les ramenais dans une petite glacière avec des pains de glace dedans.

Alors c’est sûr que c’était vraiment contraignant de prendre ces deux pauses par jour de quasiment une demi-heure chacune mais c’est vraiment nécessaire pour maintenir sa lactation. Cela permet aussi de faire des stocks de lait qui pourront être donnés à votre bébé en votre absence.

Je n’arrivais pas à tirer avec le tire-lait la quantité qu’il buvait chaque jour sans moi mais les stocks que j’avais pu faire avant ma reprise du travail m’ont permis de tenir plus de 6 mois sans utiliser de lait en poudre !

Aux 10 mois de ma fille, le tire-lait perdait en efficacité et j’ai donc réduit à un séance par jour puis zéro.

L’organisation à la maison

Les jours où j’étais à la maison, la règle était simple : tétées à volonté !

Les douleurs des premières semaines n’étaient qu’un lointain souvenir, l’important était de bien répondre aux demandes de ma fille sans restriction.

Après quelques mois où les tétées de nuit ne se réduisaient pas, nous avons commencé à compléter ses repas du soir avec des biberons de lait maternel. Idéalement il ne faut pas le faire pour ne pas diminuer sa lactation mais cela nous a aidé à avoir des nuits un peu plus longues et sereines.

L’important est de faire au mieux en fonction de sa situation et à ce moment là, nous avions besoin d’un peu plus de repos et de confiance quant aux quantités ingurgitées par notre fille. J’essaierai de ne pas le refaire pour mon prochain allaitement mais pas besoin de culpabiliser ! On peut allaiter plus d’un an tout en ayant introduit des suppléments au biberon (quelque soit le type de lait) dès 6-7 mois !

La lactation autocrine

Durant mes recherches sur Internet j’avais beaucoup entendu parler de la lactation autocrine. Pour celles qui ne connaissent pas, la lactation autocrine correspond au moment où votre corps arrête de produire et stocker trop de lait. Ce serait aussi le moment où la lactation serait moins fragile. Les avis divergent sur le sujet mais voilà ce que je retiens de ma propre expérience :

  • La lactation autocrine s’est traduit chez moi par la fin des engorgements, des fuites et des seins trop tendus ! Même si je passais des heures sans tétées ou sans tirer mon lait, ma poitrine ne gonflait plus, je n’avais aucune douleur.
  • J’avais beaucoup lu sur internet que la lactation autocrine pouvait faire son apparition dès les 3-4 mois de son bébé et j’attendais donc avec impatience son apparition chez moi. Mais aux 7 mois toujours rien, c’est plutôt vers les 9-10 mois de ma fille que j’ai pu avoir l’esprit plus tranquille sur ma lactation et les possibles engorgements. Ne comptez donc pas forcément là-dessus à votre reprise du travail, ça peut être très long !

Et maintenant, j’en suis où ?

Ma fille a maintenant 15 mois et je l’allaite toujours. Les tétées sont plus des moments de plaisir que vraiment des repas pour elle mais nous tenons notre petit rituel de deux tétées par jour, parfois plus en fonction des évènements. Et ça je vous en parlerai dans un dernier article consacré à l’allaitement !

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Le blog et les jeux d'une Maman Loutre

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture