En finir avec la pression de la mère parfaite !

Malgré les nombreux progrès actuels sur la place de la femme dans notre société, je crois que nous vivons aujourd’hui dans la période qui est la plus exigeante pour les femmes, et surtout les mères ! Car les attentes envers les mamans de notre époque sont tout simplement folles. S’épanouir dans son travail, être une maman bienveillante, faire toujours plus à la maison avec la tendance du fait maison, participer activement aux apprentissages de ses enfants avec des activités nombreuses et variées. Bien que les papas s’impliquent de plus en plus dans la vie de famille, j’ai l’impression que la pression que subissent les mères ne faiblit pas et qu’au contraire, elle s’amplifie.

Comme de nombreuses mamans, je subis moi aussi ce besoin de faire toujours plus et j’ai longtemps pensé que ces exigences que je m’imposais valaient le coup. Evidemment que la bienveillance, l’empathie, les temps de jeux et d’apprentissage avec mes enfants ne pouvaient être que positifs et étaient l’idéal à atteindre.

Et pourtant, j’en arrive aujourd’hui à un point où je ne peux plus tenter d’être cette mère parfaite dont je rêve. Je n’ai plus la force et surtout, j’ai récemment ouvert les yeux sur le fait que cette mère parfaite est un mythe qui peut être très dangereux !

Un objectif impossible à atteindre

Je crois que ce qui a vraiment amplifié ce besoin de tenter d’en faire toujours plus chez moi, ce sont ces modèles que je vois sur les réseaux sociaux. Ces mamans, qui avec parfois 3, 4 enfants ou plus, parviennent à proposer chaque jour des nouvelles activités incroyables, sont des modèles de bienveillance et renvoient l’image d’un bonheur absolu sans aucune ombre.

Si elles arrivent à en faire tant, pourquoi moi, je n’en serai pas capable ?

Alors je m’inspirais de ces femmes, je lisais chaque jour leurs posts et tentais de reproduire chez moi une fraction de cette vie parfaite qu’elles présentaient. Avec un seul enfant, j’arrivais à peu près à proposer des activités hebdomadaires, à partager des moments de pâtisserie avec ma fille, à rester bienveillante. Puis à l’arrivée de mon second enfant, j’ai voulu garder le même rythme. Je profitais des courtes siestes de mon fils pour passer des temps de qualité avec mon aînée et je ressortais en général de mon mercredi avec mes enfants absolument épuisée.

Et malgré cela, j’étais bien loin de ces modèles, avec des tensions régulières avec mes deux enfants, des activités bien moins poussées et sans ressentir cette plénitude et ce bonheur absolu. Car pour tenir ce rythme, la pression que je m’infligeais était grande tout comme la déception que je ressentais en fin de journée envers moi-même.

La réalité derrière le mythe

Mais heureusement, j’ai aussi trouvé sur les réseaux sociaux des témoignages de ces mêmes mamans, qui avaient l’air tellement parfaites, et qui dévoilaient l’envers du décor. Chez elle aussi, les difficultés étaient quotidiennes. Les cris, les tensions, les manquements à la sacrosainte bienveillance, les activités qui font des flops, les envies de temps juste pour soi, la nostalgie de la vie d’avant, sans enfant, plus libre.

Tous ces échecs, ces sentiments négatifs que je ressentais, étaient aussi le quotidien d’autres mères. Je n’étais pas seule ! En lisant les commentaires sous ces posts je me suis même rendue compte que tout cela était en fait très courant.

J’en ai un peu voulu aux mères parfaites de ces réseaux sociaux qui m’ont fait penser que j’étais une mauvaise mère, que je n’étais pas normale de regretter parfois ma vie d’avant tellement l’actuelle me paraît compliquée. Mais évidemment, même sans vouloir cacher ses difficultés, je comprend que ce que l’on souhaite mettre en avant c’est le positif, ses réussites et non ses doutes.

Aujourd’hui, je suis capable de prendre les réseaux sociaux pour ce qu’ils sont : des vitrines où de nombreuses personnes partagent leurs bons moments, mais cela ne signifie pas qu’il n’y en a pas de plus durs. J’y pioche donc ce que je veux, des idées d’activités et des conseils de parentalité que je reproduis quand la situation s’y prête. Mais je n’oublie pas que derrière les belles photos, les difficultés existent sûrement de la même manière que dans mon propre foyer.

C’est aussi vrai avec des parents que l’on peut connaître dans la vraie vie. Leur foyers peuvent paraître parfaits lors d’une après-midi de jeux, mais cela ne permet pas de savoir comment se passe leur quotidien.

Cesser de se comparer et être bienveillante envers soi-même

Il est donc absolument indispensable d’arrêter de se comparer avec ce que l’on croit savoir des autres mères (ou pères), tout comme il est inutile et dangereux de comparer deux enfants.

Chaque situation, chaque enfant, chaque famille, chaque parent est unique et aucune recette miracle n’existe pour devenir la mère parfaite.

La bienveillance absolue que l’on peut souhaiter donner à ses enfants doit aussi s’appliquer envers soi-même. Il est important de se connaître, de connaître ses propres limites et les prendre en compte lorsque l’on s’impose des objectifs.

Se rappeler de quoi a vraiment besoin l’enfant

Surtout que ces objectifs que l’on s’impose parfois : faire toujours plus maison, proposer des activités manuelles, culturelles, éducatives, toujours maîtriser ses émotions; ne sont en général pas ce dont l’enfant a le plus besoin !

J’ai eu un gros rappel de cela un mercredi avec mes enfants. Alors que je profite en général des moments que j’ai en tête à tête avec chacun de mes enfants pour leur proposer des jeux ou activités adaptées à leur âge; j’ai pris plus d’une heure avec mon bébé de 15 mois à ne rien faire ! Fatiguée, je l’ai pris avec moi sur notre canapé convertible et nous avons passé une heure à juste se faire des câlins, jouer et faire les fous. Cette journée entière en fait nous n’avons rien fait de spécial, aucun jeu particulier, aucune activité. J’ai suivi leur rythme et le mien et en fin de journée, je me suis rendue compte que nous avions passé notre meilleur mercredi depuis bien longtemps. En oubliant cette pression de vouloir en faire plus, je me suis sentie très détendue. En ne suivant aucun planning, j’ai pu répondre à nos envies et nos besoins les plus primaires. Les câlins et temps de jeu libre juste entre nous, nous ont vraiment rapprochés. J’ai vécu cette grosse piqûre de rappel de la beauté d’être mère, j’ai profité de ces deux petits êtres et j’ai pris conscience qu’ils allaient grandir et que bien que cela me permettrait de partager d’autres choses avec eux, je ne revivrai plus jamais ces particularités de la vie avec des jeunes enfants : ces câlins sans fins, ces papouilles, ce laisser aller complet dont seuls les touts petits sont capables.

Ce jour là, les cris ont été moindres et je pense que cette journée leur a fait autant de bien qu’à moi. Car ce dont les enfants ont réellement besoin, c’est d’amour et de parents heureux. Une mère stressée ou sous pression par l’envie d’en faire trop sera donc contre-productif.

Se fixer les bons objectifs

Dorénavant, je chercherai donc à me fixer les bons objectifs. Je partagerai toujours des moments de jeu plus cadrés avec mes enfants, je participerai toujours à leurs apprentissages car c’est quelque chose que j’aime et que je veux que les apprentissages suivent leurs propres rythmes, ce qui n’est pas toujours possible à l’école. J’essaierai toujours d’être bienveillante en adaptant mon comportement à leurs capacités.

Mais j’essaierai aussi de lâcher prise et de ne pas trop m’en demander. J’accepterai de ne pas avoir la force d’en faire toujours plus, de m’écouter et de prendre aussi compte de mon rythme et de mes besoins. J’essaierai d’accepter mes émotions, quelles qu’elle soient, et je tenterai de les mettre à profit en en parlant avec mes enfants pour leur faire comprendre dès le plus jeune âge qu’aucune émotion n’est anormale et qu’il ne faut pas en avoir honte.

Et surtout mon objectif premier sera d’arrêter de me comparer aux autres parents. Ils ne sont pas moi et je ne peux donc pas être eux. Et surtout, ils sont sûrement moins parfaits que ce que je crois !

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En finir avec la pression de la mère parfaite !

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