Si il y a bien une gamme de jeux de société connue du plus grand monde, joueurs assidus ou plus occasionnels, c’est la gamme des boîtes Biseau de Gigamic (anciennement les boîtes Métal). Format de référence, compact, vendu à petit prix et proposant des jeux familiaux accessibles à tous et sur des thèmes et mécaniques variés, elle se vend en boutique par brouettes, à l’instar de l’un de leurs derniers grands succès, Dekal.
Mais je dois l’avouer de mon côté, cette gamme n’est pas vraiment ma référence, avec des titres souvent très familiaux et classiques pour moi, qui peinent souvent à vraiment me convaincre.
Au festival de Cannes dans le Showroom Gigamic, je découvrais avec curiosité toutes les futures sorties de l’éditeur français, et bien qu’Ipso* ressemble dans son visuel, à un nouveau Dekal-like avec des cartes numériques à agencer, je quittais le sud de la France plus intriguée que je n’aurais dû l’être par cette boîte bleue.
Ayant eu la chance d’en recevoir un exemplaire presse avant sa sortie, j’entraînais dès réception du jeu mes petits loutrons pour notre première partie, et alors que ce titre avait tout pour que je passe un peu à côté, avec ses règles très simples et assez classiques, il a su me plaire dans ce genre de petit jeu de cartes pour tous, et est un jeu que je sors avec plaisir et que j’ai envie de faire découvrir autour de moi, aux joueurs qui chercheraient un jeu léger mais intéressant.
Petite boîte Biseau qui parvient donc à se faire sa place pour moi, je vous la présente en détail dans cet article.

Ipso en un clin d’œil
Création de Alexandre Droit (Archipels, Story Box)
Illustrations de Pierre Bourgain
Edité par Gigamic
2 à 6 joueurs
A partir de 7 ans
15 minutes
Mécaniques : Cartes

Les règles du jeu en quelques mots
Une partie de Ipso va se dérouler en 14 tours de jeu, permettant à tous les joueurs de remplacer les 14 cartes initiales de leurs pyramides faces cachées, par des cartes face visibles. L’objectif sera alors de créer des lignes de cartes avec des valeurs croissantes, et idéalement de la même couleur pour marquer le plus de points.

Les différents éléments
La boîte de Ipso contient à l’instar des autres titres de la gamme des cartes, avec ici un petit format carré de 4 couleurs différentes allant de 1 à 90. Des cartes Etoiles sont aussi prévues pour couronner les pyramides de chaque joueur.

Petit tour sur les règles
Installer sa partie
Pour jouer une partie d’Ipso, chaque joueur recevra 14 cartes faces cachées ainsi qu’une carte Etoile.
Chacun formera une pyramide avec une première ligne de 5 cartes, une seconde de 4 cartes, une troisième de 3 cartes et une dernière de 2 cartes. La carte Etoile la complètera en cinquième ligne.
Deux cartes supplémentaires seront piochées et placées faces visibles au centre de la table et accessibles à tous les joueurs.
La partie peut alors commencer.

Choisir une carte et la placer
Lors d’un tour de jeu, les joueurs devront alors tout simplement les uns après les autres choisir l’une des deux cartes faces visibles au centre de la table, et la placer dans leur pyramide.
Les cartes auront les caractéristiques suivantes :
- Une couleur parmi jaune, orange, bleu ou vert
- Une valeur entre 1 et 90, avec une seule carte par valeur
- Pour certaines cartes une ou deux étoiles dans le coin, qui offriront 1 ou 2 points en fin de partie.
Ils choisiront alors quelle carte face cachée de leur pyramide est remplacée par la carte choisie, et révèleront cette carte cachée au centre de la table, qui sera maintenant accessible aux autres joueurs.

Marquer des points
Il faudra alors pour savoir quelle carte choisir et à quel endroit la placer, comprendre comment les lignes offriront des points.
A la fin de la partie, toutes les cartes seront faces visibles dans les pyramides des joueurs et pour chaque ligne, des points ne seront marqués que si les cartes sont placées en ordre croissant de gauche à droite. Si c’est le cas, chaque carte rapportera deux points si toutes les cartes de la ligne sont de la même couleur, et 1 point par carte dans le cas contraire.
Si les cartes ne sont pas ordonnées sur une ligne, elles ne permettront pas de gagnés de points autres que les étoiles qui pourront être visibles.

Utiliser son étoile
Lorsque les 14 tours de jeu ont été joués et que chaque pyramide est entièrement révélée, les joueurs pourront effectuer une dernière action, et dépenser la carte étoile au sommet de leur pyramide pour piocher la première carte de la pioche, la révéler et la placer dans sa pyramide en place de la carte de son choix.
Cette action pourra permettre, avec un peu de chance de corriger une erreur d’ordonnancement, mais pourra aussi être plus pénalisante qu’autre chose.

Fin de partie
Après cette dernière action, les Pyramides des joueurs sont figés, et les points pourront être comptés en additionnant :
- Toutes les étoiles visibles sur les cartes numériques
- Les points liés à chaque ligne avec des cartes croissantes de gauche à droite
- 3 points pour chaque pyramide ayant encore son étoile à son sommet.
Le joueur qui possède alors le plus de points remporte la partie.

Ipso, j’en pense quoi ?
Petit jeu de cartes tout simple, avec un contrôle limité mais loin d’être inexistant, et une interaction restreinte mais à ne pas négliger, Ipso est un peu ma petite boite Biseau récente chouchou. Jeu rapide que je peux sortir avec mes enfants le soir avant le coucher, au milieu d’une session jeu et même avec ma famille ou des amis joueurs occasionnels, je ne saurais pas vraiment expliquer ce qui lui permet de me plaire, moi qui suis généralement assez difficile avec ce genre, mais je crois que j’aime qu’il offre finalement un contrôle suffisant pour ne pas me donner l’impression de subir mes parties.
Un jeu à l’image de la gamme et de son genre
Comme souvent avec les jeux de carte familiaux du genre, le design va ici à l’essentiel avec une absence d’un quelconque thème ou d’agréments visuels. Nous avons donc à faire à des cartes avec des valeurs et des couleurs (flashy) qui loin de m’embarquer sont tout de même bien plus harmonieuses que celles de l’indétrônable Skyjo.
Allant droit à l’essentiel, son concept de pyramide à modifier offre l’inconvénient de l’ergonomie pour attraper les cartes centrales, surtout pour les jeunes enfants ou les personnes âgées. Nous avons d’ailleurs lors de nos parties ressorti notre petit ustensile pour attraper les cartes, qui est un peu gadget pour la plupart de nos jeux mais prend tout son sens ici.

Des règles très simples accessibles au plus grand monde
A l’instar d’un Skyjo ou d’un Dekal, Ipso mise sur l’hyper accessibilité avec un jeu annoncé à partir de 7 ans et qui sera globalement très adapté à tous les joueurs à partir du moment où ils seront à l’aise avec les chiffres de 1 à 90, et qu’ils sauront les ordonner sans douter.
La préconisation de 7 ans sera alors assez judicieuse mais pourra être abaissée pour les enfants très à l’aise avec les chiffres.
Avec des adultes aucun problème, joueurs habitués ou non n’auront besoin que de quelques instants pour comprendre et assimiler les règles, qui ne présentent aucun piège ou zone d’ombre.

Un petit jeu offrant plus de contrôle qu’il n’y paraît
Avant de recevoir ma boîte, j’avais eu le malheur de tomber sur un avis à chaud qualifiant ce jeu de 100% hasardeux, ce qui me fit partir très prudente avant ma première partie.
Dans les faits, je ressens un contrôle bien plus accru ici que sur la plupart des autres jeux de cette famille, avec seulement les 2 derniers tours je dirai qui pourront s’avérer frustrants.
En effet, vous aurez le choix à chaque tour entre deux cartes, et pourrez choisir en fonction du moment de la partie de tenter le max de points sur les lignes les plus longues, ou de savoir les sacrifier au bon moment pour assurer des points ailleurs. Ainsi au cours de nos parties, nous avons la plupart du temps pu assurer 4 à 5 lignes croissantes, et les parties se sont plutôt jouées sur les lignes de couleurs qui pourront faire la différence.
Là où le jeu sera intéressant, sera aussi sur l’aspect des étoiles qui vous garantiront des points, et qui vous obligeront à faire des choix parfois difficiles. Nos parties nous ont d’ailleurs prouvé que la différence pouvait autant se faire sur les points de lignes, que ceux d’étoiles, qui ne seront donc pas à négliger.

Une interaction discrète mais capitale
Autre point d’attention capital, vous devrez absolument garder un oeil sur le jeu de vos adversaires durant vos parties.
La première raison à cela est évidemment que chaque valeur de carte ne sera présente qu’une fois dans le jeu, et que la présence en nombre de petites cartes sur la table, vous donnera une indication sur leur rareté potentielle et qui devra donc influencer vos choix.
La seconde tient dans le choix que vous ferez à chaque tour, sur la carte que vous laisserez accessible (avant que la vôtre ne soit dévoilée sur laquelle vous n’avez pour le coût aucun contrôle), mais aussi sur les couleurs de lignes sur lesquelles vous miserez.
Au fil des tours, vous vous rendrez vite compte que certaines couleurs seront très recherchées par tous, et donc sûrement plus difficiles à atteindre, alors que d’autres seront délaissées. Il faudra donc bien étudier vos adversaires pour faire les bons choix, et jouer pour vous mais aussi contre les autres, pour espérer l’emporter.

Un dernier coup de poker très risqué
Dernière possibilité du jeu, la décision de sacrifier les 3 points de son étoile pour tenter de remplacer une carte mal ordonnée par la première de la pioche me semble globalement très osée, et bien que ce ne soit pas une opportunité que j’utilise très souvent, je dois avouer que ma fille plus audacieuse, a su parfois retourner des parties avec un tirage heureux.
Bien que n’aimant pas personnellement remettre mon destin dans les mains d’un tirage de carte complètement aléatoire, il faut reconnaître que lorsque l’action est tentée, elle crée souvent de fortes émotions surtout lorsque l’issue est positive et permet de gagner jusqu’à 12 points, dans le cas d’un tirage très favorable sur 30 à 45 points classiques au final.

Un jeu qui reste classique et très familial
Alors évidemment, si vous recherchez un jeu de cartes très stratégique et complexe, vous serez déçus devant cette proposition. Très simple, il est un pur jeu familial que je ne sortirais sûrement pas avec mes amis joueurs, manquant de challenge par rapport à nos goûts habituels.
Mais dans tous les autres cas, il pourra faire mouche et notamment en famille ou avec des joueurs très occasionnels qui ne seront pas contre une partie mais sans trop se prendre la tête.
Il ne renouvellera alors pas le monde des petits jeux de cartes avec des couleurs et des chiffres mais il fera le taf, et est un jeu auquel je jouerai avec plaisir.

Ipso, une boîte efficace dans son genre
Ipso est donc pour moi une boîte tout simplement efficace dans son genre
Rapides et dynamiques, les parties durent une petite dizaine de minutes sans aucun temps mort. Simple et accessible, il permettra malgré tout aux joueurs mieux organisés de mieux s’en sortir, et aux joueurs attentifs à leurs adversaires de faire la différence.
Misant sur deux scorings à combiner qui n’ajouteront pas de lourdeur mais créeront des choix à vraiment peser, il offre finalement un contrôle suffisant pour la joueuse que je suis, tout en étant accessible à mes enfants de 6 et 8 ans par exemple.
Bien que ne révolutionnant ni le genre ni la gamme, il est en passe je pense de devenir l’une de mes boîtes biseau préférés avec les petits chouchous Qwixx, Le baron/6 qui prend, La fin des artichauts ou Papayoo.
Vous pourrez la retrouver chez mes partenaires Esprit Jeu, BCD Jeux ou Philibert par exemple.
Et si vous recherchez d’autres revues de jeu Adultes, vous pourrez retrouver l’ensemble de mes articles ici. Pour les jeux familiaux, rendez-vous là.
*Exemplaire presse offert par Gigamic













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