Parmi mes mécaniques de prédilection en ce moment, la construction de tableau tient une place particulière avec un genre que j’apprécie particulièrement, mais des titres qui ne se révèlent pas souvent à la hauteur d’incontournables difficiles à égaler.
Je reste malgré tout très curieuse d’en découvrir, ne résistant pas à ce plaisir de saisir les meilleures cartes, de les arranger et organiser afin de créer les meilleures associations et combinaisons.
Le petit dernier qui a alors rejoint ses copains est Alchimix*, un jeu qui vous plonge dans un univers de sorciers avec une compétition sans pitié et des choix déchirants à faire à chaque tour.
Avec son univers singulier que nous avons beaucoup aimé, sa belle rejouabilité et ses parties rapides, il est un titre intéressant mais aussi un peu frustrant à cause d’une interconnexion très forte des différentes caractéristiques des cartes et scorings. Je vous le présente en détail dans cet article.

Alchimix en un clin d’œil
Création de Alexis Aspecada, Grégoire Bravais et Aurélien Médinger
Illustré par Aurélien Médinger
Edité par Ctrl Zèbre Editions
Distribué par Matagot
2-5 joueurs
A partir de 10 ans
20 minutes
Mécaniques : Construction de tableau, Combinaisons

Les règles du jeu en quelques mots
Dans Alchimix les joueurs vont s’affronter au cours d’une compétition de sorciers et vont devoir mettre la main sur les meilleurs ingrédients et les agencer autour d’eux en fonction de leurs préférences, des demandes des juges et des pouvoirs de chaque ingrédient.

Les différents éléments
La boîte d’Alchimix est composé uniquement d’un livret de règles, d’un bloc de scores et de cartes :
- Des cartes Sorciers qui offrent à chaque joueur une petite asymétrie et une préférence pour sa partie
- Des cartes de juges qui auront chacun des demandes particulières à propos de l’agencement de vos cartes
- Des cartes Ingrédients réparties dans 8 chapitres différents avec chacun un type de scoring spécifique
- Des cartes d’Initiative qui indiqueront l’ordre de jeu à chaque tour
- Des signets pour chaque joueur qui leur permettront de doubler les cartes sur deux emplacements
- Des cartes de Familiers pour une variante avancée.

Petit tour sur les règles
Une partie d’Alchimix va se dérouler en 5 manches qui permettront aux joueur de prendre 2 cartes à chaque fois. Ils devront intégrer ces cartes à un pentagramme autour de leur personnage afin de répondre au mieux aux différentes demandes qui leur seront faites et qui leur permettront d’engendrer le plus de points.
Installer sa partie
Pour jouer une partie d’Alchimix, il vous faudra tout d’abord choisir des chapitres avec lesquelles dérouler votre partie. En fonction du nombre de joueurs, vous devrez sélectionner 3 à 6 des 8 chapitres, que vous devrez alors mélanger.
Chaque chapitre proposera des cartes Ingrédients différentes ayant chacune un ou plusieurs types, une valeur d’Initiative, et un scoring particulier qui sera en lien avec son chapitre. Par exemple dans le chapitre 1, les points gagnés seront en lien avec les types d’Ingrédients présents dans son tableau en fin de partie, alors que le chapitre 3 offrira des points pour les paires de types d’ingrédients et le 6 des points pour les types d’Ingrédients présents dans la défausse commune en fin de partie.
Trois juges seront aussi choisis pour la partie, chaque joueur recevra une carte Sorcier, ses deux signets et une carte d’Initiative au hasard au début de la partie.

Choisir deux cartes chacun
Au début de chaque manche, des cartes seront révélées depuis la défausse, permettant à chaque joueur d’en prendre deux et de défausser les 2 dernières (8 cartes à 3 joueurs donc).
Dans l’ordre des cartes d’Initiative, les joueurs choisiront alors une première carte, puis dans l’ordre inverse de l’Initiative une seconde. Les deux dernières cartes seront défaussées.

Mettre à jour l’ordre de jeu
Lorsque les joueurs ont sélectionnés leurs deux cartes, ils dévoilent tous leur carte (parmi les 2 juste prises) qui affiche l’Initiative la plus faible en haut à gauche de la carte. Ces valeurs permettront de réattribuer les cartes d’Initiative, le joueur ayant pris l’Ingrédient avec la plus faible valeur, devenant le premier joueur du tour suivant.

Jouer ses cartes dans son tableau
Après avoir mis à jour l’ordre d’Initiative, les joueurs pourront placer les cartes dans leurs tableaux.
Petite originalité ici, les cartes devront être placées en pentagramme autour du personnage de chaque joueur : une au-dessus, une de chaque côté et deux au-dessous côte à côte.
Vous pourrez et devrez au cours de la partie superposer des cartes, puisque vous n’avez que 5 emplacements initialement et 10 cartes à faire entrer.

Mais pour ne pas cacher la moitié des cartes choisies, vous pourrez utiliser vos deux signets. Chacun vous permettra de doubler un emplacement. Vous devrez pour cela le placer à cheval sur l’une de vos cartes, et placer à côté une deuxième carte, elle aussi recouverte par le signet. Ces cartes ne pourront alors plus être recouvertes et resteront donc figées pour le reste de la partie.

Fin de partie
Après 5 tours de jeu viendra le temps du décompte.

Les joueurs additionneront les points suivants :
- les points offerts par la carte du haut
- les points offerts par la carte de droite
- les points offerts par la carte de gauche
- les points offerts par la carte en bas à gauche
- les points offerts par la carte en bas à droite
- les points offerts par la carte ajoutée grâce au signet orange
- les points offerts par la carte ajoutée grâce au signet vert
- les cartes offerts par les 3 juges en fonction du respect des couleurs demandées à chaque emplacement
- les points offerts par les types d’Ingrédients de la préférence de votre Sorcier visibles dans votre tableau.
Le joueur qui aura alors le plus de points remportera la partie.

Alchimix, j’en pense quoi ?
Petit tableau building jouable en une vingtaine de minutes, Alchimix repose sur des bases classiques mais se démarque avec une belle rejouabilité, et une complexité plus grande que certains classiques du genre, à cause notamment de choix déchirants à faire pour recouvrir des cartes ou au contraire devoir en intégrer de moins intéressantes, tout en devant être vigilent sur chaque caractéristique qui pourra scorer de plusieurs manières.
Joli, simple à comprendre mais complexe à bien optimiser; Alchimix a su séduire mes amis mais m’a personnellement laissée un peu mitigée avec des choix très compliqués et parfois assez subis, me laissant je pense plus frustrée que satisfaite bien que le jeu soit réellement intéressant.
Un univers singulier qui a su se démarquer
Premier élément différenciant d’Alchimix, son univers de sorciers et ses illustrations le distinguent grandement de nombreux jeux actuels, avec un style unique et un ensemble amusant et joli. Les personnages notamment ont tous une personnalité différente en lien avec leurs noms.
Du côté de la lisibilité, malgré les différentes informations à assimiler sur chaque carte, j’ai trouvé que l’on s’y retrouvait assez bien, avec un seul petit reproche au type d’Ingrédient un peu petit et que l’on doit un peu chercher à chaque fois que l’on essaie de les décompter dans son tableau.

Un concept en apparence simple de créer son tableau de cartes
Pur jeu de création de tableau, Alchimix repose sur des règles très simples que mes enfants de 6 et 8 ans ont d’ailleurs parfaitement sur comprendre.
Devoir intégrer 10 cartes dans son petit tableau pour correspondre aux exigences de scoring sera en effet très simple, mais très vite les choses se corsent et apportent de l’originalité.
L’ordre de tour changeant sera un élément à ne pas négliger pour avoir accès aux Ingrédients les plus intéressants. Mais le twist qui fera vraiment tout l’intérêt du jeu, sera de devoir recouvrir au moins 3 cartes, et qui imposeront de savoir utiliser ses signets au meilleur moment, les emplacements étant ensuite condamnés pour le reste de la partie.
Simple à comprendre, Alchimix se révèle alors être un jeu plus subtil qu’il ne pourrait le laisser croire au premier abord.

Des interactions constantes entre les scorings et caractéristiques cartes
Car chaque carte permettra d’offrir un nouveau moyen de scoring, et sera une opportunité de gagner des points grâce à d’autres cartes.
Lors des premiers tours, vous devrez alors y aller un peu à l’aveugle, n’ayant encore pas d’idées sur les éléments que vous parviendrez à accueillir dans votre pentagramme, et qui deviendront une contrainte pour vos choix futurs, tout en pouvant être recouvertes si les choses ne se déroulent pas suivant les plans initiaux.
Mais ces cartes devront aussi respecter au maximum les préférences de votre Sorcier, et plus compliqué encore les exigences des 3 juges, qui n’iront jamais dans le même sens. Il faudra alors rapidement savoir identifier les points communs, et choisir entre satisfaire pleinement un juge, ou tenter de contenter chacun. Les signets seront alors d’une grande aide pour plaire au plus grand nombre, mais devront aussi être utilisés pour sauver des Ingrédients bien intégrés d’un recouvrement.
En apparence tout simple, le choix de 2 cartes par tour et leur positionnement deviendra alors vite un vrai casse-tête, avec une interconnexion des caractéristiques de cartes et manières de scorer qui pourra vous rendre un peu chèvre.

Une rejouabilité très marquée
Caractéristique vraiment agréable, la rejouabilité construite autour de ces 8 chapitres à combiner est une très bonne idée.
Lors des premières parties vous prendrez plaisir à découvrir chaque type de scoring, puis pourrez configurer vos parties en fonction de vos préférences ou du niveau de difficulté que vous visez.
Sans complètement chambouler le jeu, les petites différences seront suffisantes pour aborder les parties différemment, avec certains misant sur les types d’Ingrédients intégrés, sur leurs positions, sur la défausse du grimoire, les recouvrements ou les ingrédients chez vos voisins.
Le pendant négatif à ce paramétrage sera le mélangeage initial et le tri en fin de partie, à côté desquels vous ne pourrez pas passer.

Des parties rapides pour un jeu accessible mais complexe à optimiser
J’ai l’impression de dire cela souvent en ce moment, mais Alchimix à son tour bénéficie d’une belle fluidité de jeu pour un titre qui est finalement complexe à optimiser et qui pourrait créer des temps d’attente non négligeables.
Mais avec des choix de cartes limités, et une intégration en simultané, nous n’avons lors de nos parties pas bien subi de ralentissements dans nos parties, et avons apprécié qu’un jeu de ce calibre se joue facilement en une vingtaine de minutes.

Alchimix, un jeu de création de tableau qui fait un peu mal au cerveau
Jeu de création de tableau classique dans son concept mais complexe à optimiser, Alchimix est une création intéressante avec sa belle rejouabilité, ses parties rapides, son univers singulier et son niveau qui pourra satisfaire les joueurs aimant se faire des noeuds au cerveau.
Ayant vraiment bien plu à mes amis je dirai qu’il m’a tout de même un peu frustrée à cause de cette obligatoire de recouvrir certaines de ses cartes initiales, et subissant un peu les dernières que l’on choisira et que l’on ne pourra plus cacher. Manquant tout de même un peu de contrôle pour un jeu qui fait réfléchir à ce point, j’ai l’impression d’être un peu seule à avoir ce ressenti qui n’a pas du tout choqué mes camarades de jeu ou les autres joueurs qui ont pu le découvrir de ce que j’en ai lu.
Je vous recommande donc si vous aimez le genre et que vous recherchez un jeu rapide de vous intéresser à Alchimix et de le tester vous-même. De mon côté ce n’est probablement pas le tableau building auquel je penserai en premier lors d’une soirée jeux, mais je ne refuserai pas non plus une partie.
Si il vous intéresse, vous pourrez le retrouver chez Esprit Jeu, Philibert ou BCD Jeux.
Et si vous recherchez d’autres revues de jeu Adultes, vous pourrez retrouver l’ensemble de mes articles ici.
*Copie presse Matagot













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