Depuis que je suis maman, je m’intéresse beaucoup aux méthodes d’éducation moderne et notamment à l’éducation bienveillante et au maternage.
Ces philosophies d’éducation m’ont permis de complètement repenser l’image que j’avais de l’enfant et ont influencé la maman que je suis devenue.
Je pense qu’initialement, ce sont mes recherches d’informations sur l’allaitement qui m’ont amenée à les découvrir (d’ailleurs retrouvez ici mes conseils pour bien débuter son allaitement) et pourtant, j’ai sur ce sujet fait de nombreux écarts à ce qui était alors recommandé.
L’allaitement à la demande : un idéal parfois trop décourageant
Et celui dont je veux vous parler aujourd’hui est l’allaitement à la demande.
Comme son nom l’indique, l’allaitement à la demande est le fait de donner le sein à son bébé dès que celui-ci le réclame.
Que ce soit pour nourrir, pour rassurer, de jour comme de nuit sans penser à des horaires de repas ou d’écartements entre deux tétées; l’allaitement à la demande exige des mamans un don contenu et inaltérable à son bébé.
Les arguments à cette pratique sont tout à fait légitimes :
- dans un premier temps, l’allaitement à la demande permet la mise en place plus efficace de la lactation, qui s’adapte par définition aux besoins de lait ressentis par le corps de la maman lors des tétées
- l’allaitement à la demande permet aux touts petits bébés de téter plus souvent mais en plus petites quantités, la tétée étant plus fatigante pour les bébés qu’un repas au biberon, il n’est pas rare qu’ils s’endorment avant d’avoir pris l’équivalent d’un biberon
- c’est aussi un moyen idéal de couper le cordon en douceur et de permettre un rapprochement physique fréquent et rassurant pour les nourrissons
- enfin l’allaitement à la demande permet de se passer d’autres méthodes d’apaisement comme la sucette et donc d’éviter une confusion sein/tétine.
L’allaitement à la demande serait donc un idéal de ce que l’on pourrait offrir de mieux à son bébé.
Les dérives de l’allaitement à la demande
Mais le problème que je trouve à cet idéal; est que parfois il peut avoir l’effet absolument opposé à celui recherché.
Car bien que logique et simple sur le papier, l’allaitement à la demande peut devenir un enfer dans certains cas :
- si votre bébé a continuellement besoin d’être rassuré
- si il fait de très longues tétées de près d’une heure en somnolant et redemande après seulement 1h de pause
- si des crevasses ou autres douleurs apparaissent
- si il réclame à tétée la nuit pendant de longs mois et que la maman s’épuise.
Dans certains cas, la pression de non seulement réussir un allaitement mais aussi d’en réussir un à la demande; pousse les mamans à poursuivre dans une voie qu’elles savent condamnée jusqu’à l’abandon final.
Je connais de nombreuses mamans qui se sont retrouvées à mettre fin à leur allaitement à contre cœur mais qui avaient jusqu’à la dernière seconde tenté de subvenir à ce sacro saint allaitement à la demande, tétons en sang, épuisement physique et/ou moral total, elles sont passées d’un extrême à l’autre, conservant parfois beaucoup de rancœur de cette expérience.
Peut-on allaiter/materner sans allaitement à la demande
Il est pourtant possible je le crois, de trouver un compromis qui permette de subvenir aux besoins de son enfant, tout en acceptant les volontés et limites des mamans.
Des crevasses pour Petite Loutre
Je l’ai compris dès mon premier allaitement avec ma Petite Loutre.
Avec elle, la lactation s’était bien mise en place et j’avais réussi à passer les premiers pics de croissance sans encombre. Mais plus les jours passaient, plus mes crevasses empiraient. La douleur était très intense à chaque tétée et je commençais à paniquer de ne jamais pouvoir les guérir avec les tétées que réclamait ma fille toutes les 2h durant plus de 30 minutes…
Epaulée par Papa Loutre, j’ai alors pris deux décisions qui n’étaient pas idéales dans mon rêve de maternage proximal :
- utiliser des embouts de sein en silicone
- espacer les tétées toutes les 2h30-3h au minimum.
Alors évidemment il a fallu à ma fille un peu de temps pour s’habituer. Il a fallu la promener pendant de longues minutes chaque jour dans notre salon pour retarder son repas de 30 minutes minimum. Mais grâce à cela et en quelques jours, mes crevasses ont disparu, tout comme la douleur qui allait avec. Cela m’a permis d’enfin vraiment apprécier ces doux instants de tétée.
L’écartement des tétées m’aura aussi permis de souffler et de ne plus passer un quart de mon temps en journée à allaiter ! Et cet aspect aussi m’a fait beaucoup de bien et m’a permis de trouver un meilleur équilibre.
Des nuits interminables pour Bébé Loutre
Avec mon Bébé Loutre, tout a été différent ! Bébé extrêmement efficace, il a dès sa naissance tété en 10 minutes chrono et a choisi seul de cantonner les tétées à l’acte nourricier. Après ses allaitements express, il se retirait donc de lui-même du sein et ne restait pas accroché pour tétouiller pendant de longues minutes.
Cela m’a permis naturellement, d’avoir dès sa naissance plus de temps hors allaitement, et cela m’a surtout permis de complètement passer à côté de la phase crevasses, pour mon plus grand bonheur !
Pas trop en demande durant ses premiers mois, mon bébé espaçait ses tétées et faisait même rapidement ses nuits.
Alors pourquoi avec lui aussi en suis-je arriver à tourner le dos à l’allaitement à la demande ?
Car ce petit monsieur a décidé après 1 mois et demi de nuits sans repas, de recommencer à manger la nuit. Il avait alors 3 mois et j’ai accédé à ses demandes. Il a donc tété 2 à 3 fois la nuit lors de son 4ième mois, puis lors de son 5ième, 6ième, …. jusqu’à encore téter une ou deux fois la nuit à 14 mois !
Et après avoir longtemps accepté ce besoin de repas nocturnes de mon bébé, nous en sommes arrivés avec Papa Loutre à un point où nous n’en pouvions plus.
Notre Bébé Loutre dormait avec nous car j’étais trop épuisée pour me lever plusieurs fois par nuit pour l’allaiter dans sa chambre. Il nous réveillait de nombreuses fois et nous étions vraiment au comble de la fatigue.
Nous avons donc une nouvelle fois, décidé de mettre fin à l’allaitement à la demande. Pendant plusieurs jours Papa Loutre se levait donc à chacun des réveils de notre fils, dans son lit, et prenait le temps nécessaire pour le rendormir. Cela pouvait être rapide mais aussi durer plusieurs fois par nuit plus d’une heure… Il lui donnait de l’eau à boire et l’apaiser à grands renforts de câlins et chansons.
J’ai à ce moment de temps en temps essayé de le remplacer mais avec moi, impossible pour mon bébé de se rendormir sans tétée.
Grâce à cela, notre bébé a appris à se passer de lait la nuit, sans que nous l’ayons pour autant abandonné et laissé pleurer. Depuis, les nuits chaotiques sont rares ! Nous avons toujours le droit à un ou deux réveils dans la nuit mais il se rendort enfin plus vite, parfois seul, parfois avec une petite caresse.
Quand mettre fin à l’allaitement à la demande ?
Ce témoignage n’a pas vocation à dire à toutes les mamans allaitantes de ne pas pratiquer l’allaitement à la demande.
Mais je tenais à le faire pour rassurer les mamans qui envisageraient d’arrêter d’allaiter car la pression est trop forte. Il est en effet possible d’allaiter longtemps son enfant sans l’allaiter à la demande ! J’ai allaité mon aînée 18 mois et j’en suis à 15 mois avec mon bébé et nous sommes encore très loin de la fin je pense !
Je conseillerai donc aux mamans de commencer avec un allaitement à la demande. Cela permettra de bien lancer la lactation et de connaître le comportement de son bébé. Si l’allaitement à la demande est alors possible sans difficulté, autant en profiter à fond !
Mais si petit à petit vous sentez que vous perdez pied, que vous n’arrivez plus que ce soit à cause de douleurs, d’épuisement ou de lassitude à répondre à toutes les demandes de votre bébé, je vous recommande vraiment d’envisager un allaitement plus « contrôlé ». Ce n’est évidemment pas idéal mais parfois, cela permettra de maintenir l’allaitement et tous ces bienfaits pendant parfois de très longs mois. C’est le choix que j’ai fait deux fois et je ne le regrette absolument pas tellement l’allaitement restera une de mes plus grandes fiertés et un de mes plus grands bonheurs !
Et si des mamans allaitantes qui passent par là ont des témoignages intéressants sur l’allaitement, n’hésitez pas à les laisser en commentaire pour aider d’autres mamans !
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Je trouve ton article très intéressant car la plupart des médecins / sage-femmes préconisent l’allaitement à la demande et on n’ose pas toujours faire autrement. J’ai moi aussi essayé de leur donner un rythme, j’ai juste dérogé à la règle pendant la canicule car là elle avait besoin de s’hydrater toutes les 2 minutes 🙂
Oui c’est exactement la raison pour laquelle j’ai voulu écrire cet article ! Évidemment l’allaitement à la demande est idéal mais parfois c’est tellement compliqué et l’on osé tellement pas imaginer l’allaitement autrement qu’on l’arrêté complètement alors qu’il existe des alternatives 😊
Votre article est très intéressant. J’attends mon 1er enfant pour janvier et je souhaite essayer d’allaiter (au moins quelques mois), mais j’ai peur de ne pas supporter l’épuisement. Je m’étais dis que peut-être en donnant plutôt le biberon de lait maternel la nuit (pour que le papa prenne le relais) ça serait plus simple…? Pensez vous que cela permettrait de palier à l’épuisement aussi bien que votre méthode de rallongement du temps entre chaque tétée ?
Je pense qu’au début, il est nécessaire de donner le sein ou tirer son lait la nuit. J’imaginais aussi ce genre de solution avant ma première mais cela me semble finalement compliqué. Durant les premières semaines il est important de favoriser sa lactation et pour cela il me semble délicat de faire de longues pauses dans la nuit si ce n’est pas à l’initiative de bébé…