Après vous avoir présenté il y a quelques semaines un jeu de deckbuilding familial sorti chez Ravensburger ici, Mycelia, je reviens en ce jour vous parler d’un autre jeu proposant cette même mécanique et toujours édité par Ravensburger : La course vers El Dorado*.
Visant lui aussi un public familial mais dans un univers plus adulte et illustré par Vincent Dutrait, il propose une expérience de jeu très différente tout en demeurant très accessible. Le deck building sera dans ce titre exploité au cours d’une course dans une forêt sud-américaine à la recherche de la terre mythique d’El Dorado. Vous devrez recruter les membres de votre expédition, acheter des équipements pouvant vous aider et trouver l’itinéraire le plus judicieux pour être le premier à passer les portes de cette cité merveilleuse.
Ce jeu a su séduire mon cercle de joueurs avec cette course stratégique intéressante et tendue, et je vous le présente donc en détail dans cet article.
J’en profite pour remercier Ravensburger de m’avoir permis de découvrir ce titre sur lequel je n’aurais pas forcément misé et qui s’avère très efficace et agréable.

La course vers El Dorado en un clin d’œil
Création de Reiner Knizia (Mille Fiori, Schotten Totten) et design de Vincent Dutrait (After Us, Les tribus du Vent)
Edité par Ravensburger
2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans
60 minutes
Mécaniques : Deckbuilding, Course

Les règles du jeu en quelques mots
Dans La course vers El Dorado, vous incarnez donc un chef d’expédition cherchant à atteindre en premier la mythique cité El Dorado. Vous devrez pour cela au fil des tours, compléter votre équipe en recrutant de nouveaux membres, acheter des équipements et trouver l’itinéraire le plus judicieux en fonction de votre équipe afin d’être le plus rapide à parcourir la forêt, qui pourra changer à chaque nouvelle partie.

Thématique
La thématique dans La course vers El Dorado est très présente est cohérente avec les mécaniques mises en œuvre.
Le deck building tout d’abord, se marie parfaitement avec cet objectif de constituer au mieux son équipe en la complétant de nouveaux membres et équipements. Chaque membre ou objet aura sa spécialité, des plus classiques, (se déplacer dans un environnement donné), aux plus techniques, piocher et supprimer définitivement des cartes de sa main.
La partie course correspond elle aussi parfaitement avec le thème et j’ai beaucoup apprécié le grand nombre de plateaux à combiner selon des scénarios proposés ou selon son envie. Cela permet d’envisager une incroyable rejouabilité en renouvelant les stratégies à mettre en place.

Surtout que le jeu est directement prévu avec une extension qui complexifiera les parties lorsque les joueurs seront prêts.
Les différents éléments
Le moins que l’on puisse dire en ouvrant la boîte de La course vers El Dorado, c’est que le matériel est riche et varié :
- 1 plateau de terrain de départ et 6 plateaux recto verso, vous permettant de créer des parcours variés afin de renouveler vos parties
- 2 bandes de terrain, 1 plaque d’arrivée et 6 barrières qui complètent les parcours
- des plateaux joueurs et marché, utiles pour disposer les cartes du jeu
- des pions de 4 couleurs différentes
- 1 jeton premier joueur
- 4 deck de cartes de base, un pour chaque couleur de joueur
- 18 types de cartes Expédition complémentaires en 3 exemplaires chacun, à acheter pour compléter votre deck
- 36 tuiles Grottes, utilisées dans la variante proposée directement dans le jeu.

Petit tour sur les règles
Préparation de la partie
En début de partie, les joueurs choisissent ensemble un des parcours proposés dans le livret de règles ou créent le leur selon leurs envies. Chaque joueur prend un pion de couleur (2 par joueur à 2 joueurs) et le deck de base associé. Ce deck est composé des coéquipiers initiaux de votre expédition, et ils vous permettront de commencer à vous déplacer dans la forêt ou de recruter d’autres membres ou équipements. Chaque joueur crée enfin sa première main en piochant 4 cartes dans sa pioche.

Les joueurs jouent ensuite chacun à leur tour en effectuant à chaque fois les 3 actions suivantes :
- jouer ses cartes
- défausser ses cartes
- compléter sa main.
Jouer ses cartes
La première action à réaliser est donc de jouer des cartes de sa main. Il est alors possible à cette étape de jouer une à quatre cartes.

Les cartes peuvent être utilisées de trois manières différentes :
- pour se déplacer dans la forêt. On déplace alors son pion sur une case adjacente dont le type correspond au symbole de la carte. Un équipier avec deux symboles verts permet de déplacer son pion vers une case forêt avec deux symboles verts, ou de deux cases forêt avec un symbole vert chacune. Trois types d’environnement existent sur lesquels l’expédition peut avancer, de couleurs vertes, bleues ou jaunes. Les environnements gris (éboulis) et rouges (campements) fonctionnent différemment puisque vous devrez défausser ou supprimer une à 3 de vos cartes pour pénétrer sur ces zones particulières. Les cases montagnes (noires) sont elle inaccessibles.

- pour compléter son expédition en achetant une nouvelle carte accessible au marché. Il la paye alors avec les symboles Or des cartes de sa main (deux cartes sans symbole Or peuvent aussi remplacer un symbole Or), et la place dans sa défausse. Seules les cartes sous le marché sont accessibles en début de partie, dès qu’un tas de ces cartes est épuisée, le prochain joueur à acquérir une carte pourra descendre le tas de carte de son choix, initialement au dessus du marché en dessous, afin de le rendre accessible.
- pour réaliser l’action particulière d’une carte Action (piocher, défausser ou acquérir des cartes principalement) .

Défausser ses cartes
Une fois les cartes choisies jouées, le joueur les défausse à droite de son plateau individuel. Il peut si il le souhaite défausser une ou plusieurs autres cartes de sa main afin de la renouveler à l’étape suivante.
Compléter sa main
Enfin, le joueur complète sa main en repiochant 4 nouvelles cartes.
Fin de partie
Les tours s’enchaînent de la sorte et les joueurs avancent petit à petit leurs pions avec la particularité au combien importante que deux pions ne peuvent jamais être sur la même case.

Dès qu’un joueur atteint le petit plateau final, il déclenche la partie qui se termine une fois que chaque joueur a joué le même nombre de tours. Si le joueur est seul à atteindre la fin du parcours, il remporte la partie, dans le cas contraire, les joueurs à égalité sont départagés en fonction des barrières qu’ils auront débloqués au cours de leur expédition.
La course vers El Dorado, j’en pense quoi ?
La course vers El Dorado n’est pas forcément un jeu qui m’aurait attiré au premier abord.
Bien que fan du travail de Vincent Dutrait, la boîte de jeu ne me parlait pas plus que cela et ce principe de course en mode Expédition ne m’aurait pas plus interpellé. Mais devant les nombreuses revues positives, sur ce deckbuilding simple et efficace, ainsi que les noms de Reiner Knizia et Vincent Dutrait justement, ma curiosité a fini par être attisée.

Et force est de constater que je me rallie à l’avis général sur ce titre, qui bien qu’il ne renouvelle pas vraiment le genre, est efficace et très agréable, accessible tout en étant dans un univers plus mature que Mycelia que j’avais adoré.
Retrouver les joies du deckbuilding
Et ici encore, j’ai aimé retrouver tous les codes du deckbuilding, appliqués à merveille sur un thème qui correspond parfaitement à cette mécanique.
La main de cartes étant limitées, le jeu est relativement simple et l’on ne se retrouve pas bloqués devant des choix trop importants. A chaque tour de jeu, il est aussi possible de combiner l’achat d’une carte et le déplacement de son pion. Les règles ne sont pas très contraignantes et l’on se sent libre d’optimiser au mieux son tirage. Et heureusement, car le faible nombre de cartes dans sa main limite les blocages et l’analysis paralysis, mais il est aussi difficile d’en tirer le meilleur, surtout en début de partie. Il est donc très agréable d’être libre de les utiliser ou non, et de la manière que l’on souhaite.

La possibilité de défausser des cartes non utilisées est aussi très appréciables et nécessaire, car alors que la partie Deckbuilding est assez souple, celle du parcours peut être bien plus retord, surtout à 4 joueurs.
Une expédition sous haute tension
Car dès le scénario de base, et l’agencement des plateaux à traverser, vous aller vous retrouver bien plus embêtés par l’itinéraire à emprunter.
La première difficulté sera de réussir à acquérir des cartes des différents terrains. Vous pourrez prendre le risque d’en négliger un, mais ce choix pourra être risqué car les parcours créent des goulots d’étranglement ou le manque d’une couleur de cartes pourra être dangereux.

L’autre difficulté, d’autant plus présente à 4 joueurs, est la limitation de ne jamais pouvoir passer par une case où un adversaire est présent. Cet aspect rend la course très tendue et on se retrouvera souvent à rager car un autre joueur prend LA place que vous visiez. Les conséquences peuvent parfois être très lourde et je me suis retrouvée à perdre 3 tours de jeu complètement bloquée à cause d’une situation de ce genre.
Enfin, j’aime l’équilibre du jeu avec des premiers plateaux parcourus avec des cases faciles à atteindre (une ressources nécessaire), et des derniers bien plus compliqués avec jusqu’à 3 ressources pour atteindre une case.
Une anticipation nécessaire
L’interaction entre les joueurs et le parcours à traverser devront réellement être pris en compte au plus tôt pour avoir une chance de remporter la partie.
Il est pour moi primordial de bien repérer, dès le début, les goulots d’étranglement et spécificités du parcours. Cette étude préalable vous permettra de choisir au mieux les recrues et équipements à acquérir au cours du jeu.
Il faudra aussi bien observer quelles cartes Actions sont accessibles car elles permettent de faire de jolis coups avec des actions très puissantes à ne pas négliger, même si souvent ces cartes sont des One Shot à immédiatement supprimer du jeu après utilisation.

Une rejouabilité exemplaire
La rejouabilité enfin est exemplaire sur ce titre, avec une multitude de parcours à créer, des cartes pour compléter son deck nombreuses et avec des pouvoirs très différents.
La boîte de jeu vient enfin avec une extension Grotte qui permet aux joueurs de gagner des tuiles bonus en s’arrêtant à côté des cases Grottes. Je n’ai pas encore testé cette variante mais je pense qu’elle sera très intéressante et qu’elle ajoutera encore un aspect stratégique dans la course où la rapidité sera capitale.
Un jeu qui peut être très punitif à 4
Jusqu’à présent, le jeu a rencontré un grand succès dans mon entourage, mais un aspect pourrait refroidir certains joueurs pour moi, c’est cet aspect punitif que l’on peu ressentir, plutôt à 4 joueurs je pense, lorsque l’on se retrouve complètement bloqué dans son expédition.
Cela m’est arrivé au cours de ma première partie avec un joueur qui me passe devant à un moment très stratégique du parcours. J’avais alors tout misé sur cet itinéraire et le timing a fait que j’ai dû attendre de voir défiler les trois autres joueurs devant moi, avant de pouvoir poursuivre ma route. Je n’avais alors pas de solution et mes chances de victoire se sont immédiatement envolées.

Cet aspect peut être limité en étudiant bien le parcours et en évitant les routes trop risquées, mais ce sont aussi les plus rapides.
Un jeu agréable et efficace pouvant convenir au plus grand nombre
La course vers El Dorado est donc un jeu qui a su nous séduire. Malgré une première partie très frustrante pour moi, j’y suis revenue sans crainte et avec l’envie de ne plus reproduire mes erreurs. Et mis à part ces blocages potentiels, le jeu est vraiment très bon et agréable.
La quête des cartes les plus puissantes est vraiment intéressante et on aime construire son deck en faisant de vrais choix, comme miser sur les cartes Action One Shot, ou au contraire miser sur les déplacements les plus rapides.
La recherche du bon itinéraire sera aussi capitale, d’autant plus lorsque le nombre de joueurs augmente.
La course vers El Dorado est donc un jeu aux règles simples et aux tours de jeu fluides, mais qui exige tout de même une vraie anticipation sur plusieurs aspects.
Avec ses parties d’une petite heure, il est un jeu que l’on peut sortir avec tous types de joueurs recherchant un jeu intéressant, sans être trop casse-tête ou long. Il a su séduire les joueurs de mon entourage et nous vous recommandons donc de le découvrir si vous aimez le deckbuilding, la course et les interactions.
Vous pourrez vous le procurer chez Philibert, BCD Jeux ou Esprit Jeu.
Et si vous recherchez d’autres revues de jeu Adultes, vous pourrez retrouver l’ensemble de mes articles ici.
*Exemplaire presse reçu sans contrepartie de la part de Ravensburger et avis sincère












Laisser un commentaire