Il y a quelques années, je découvrais pour la première Skyjo, un jeu tout juste sorti qui allait devenir en quelques mois un succès hors du commun, trustant le top des ventes de jeux de société en France sans partage. Comme beaucoup, je finis par succomber et acheter mon petit exemplaire, dans le but de pouvoir le sortir à tout moment avec tous types de joueurs.
Récemment, mes enfants ont mis la main sur cette boîte au design douteux, et leur amour ne s’estompe pas pour ce titre auquel ils peuvent jouer avec leurs grands parents notamment, et qu’ils nous réclament sans cesse. Au point que ce jeu que je pouvais apprécier en y jouant de temps en temps, est devenu persona non grata à ma table, n’acceptant que rarement de les rejoindre dans leurs parties, et laissant d’autres joueurs de mon entourage user cette boîte qui reste rarement plus de deux semaines rangée dans la ludothèque.
Appréciant d’avoir des jeux de ce type, faciles à sortir avec n’importe qui, je suis toujours à l’affût des nouveautés dans ce genre, espérant trouver un remplaçant qui puisse nous convenir à tous.
Et comme souvent depuis quelques temps, un nouveau Skyjo-like a vu le jour cet automne : Duck and Cover*. Avec son design très mignon et son gimmick amusant de dire « Coin » au moment de son tour, ce jeu a été sous le feu des projecteurs à l’époque de Vichy, avec un beau succès dès ses premières présentations.
Après avoir longtemps résisté à ce successeur désigné du Skyjo, c’est une partie en famille avec ma fille qui m’a convaincue de le découvrir grâce à mon partenaire Esprit Jeu, ayant senti son caractère universel et ayant pu comprendre que ce nouveau jeu, gommait certains défauts de son célèbre papa.
J’ai donc pu jouer en famille, d’abord avec ma fille de 7 ans puis mon fils de 5 ans, et bien que je ne sois ni la cible, ni particulièrement cliente à titre personnel de ces petits jeux de cartes hasardeux, il faut avouer qu’il remplace avec plaisir le Skyjo dans ma ludothèque. Je vous le présente donc en détail dans cet article et je (ma fille) remercie mon partenaire pour cette découverte.

Duck & Cover en un clin d’œil
Création de Oussama Khelifati (Glisse banquise)
Illustré par Adrien Journel
Edité par Captain Games
Distribué par Asmodee
2-7 joueurs
A partir de 8 ans
20 minutes
Mécaniques : Jeu de cartes

Les règles du jeu en quelques mots
Dans Duck and Cover, votre objectif sera d’avoir le moins de points à l’issue des trois manches qui composent une partie. Vous devrez pour cela à chacune d’entre elles, en partant de votre quadrillage initial de 12 cartes, en recouvrir un maximum afin d’avoir le moins de points en fin de manches, ou de n’avoir qu’une seule et unique carte restante.

Les différents éléments
Fidèle à son prédécesseur, la boîte de Duck & Cover est plutôt petite et toute en longueur. Elle contient un bloc de scores , 7 jeux de 12 cartes, chacun dans un univers différents (films, espace, horreur, histoire, …) et un deck de cartes commun, utilisé pour appeler les numéros à chaque tour.
Les jeux des joueurs sont composés de cartes de valeurs 1 à 12, et le deck commun de deux cartes de chaque valeur, et de cartes « Plus grande » et « Rejouer la même valeur ».

Petit tour sur les règles
Installation du jeu
Avant de démarrer une partie, chaque joueur devra choisir un set de cartes et l’installer en plaçant au hasard les 12 cartes en un quadrillage de 3 lignes de 4 cartes chacune.
Le deck commun et le carnet de scores sont mis à disposition des joueurs et la partie peut commencer.

Appel d’une carte
Un joueur tire alors la première carte du deck commun et annonce sa valeur.
La carte pourra être :
- l’un des 12 numéros
- une carte « Plus grand » qui permettra à chaque joueur de jouer sa carte restante la plus grande
- une carte « Même valeur » qui imposera aux joueurs de jouer la même carte que celle précédemment appelée.

Déplacement de la carte
En même temps, tous les joueurs, si la carte appelée est toujours visible dans leur jeu, prennent la carte (et toutes celles situées sous cette carte si il y en a), et les déplacent. Deux choix s’offrent à eux :
- recouvrir une carte (ou un tas de cartes) directement adjacente orthogonalement
- se déplacer à côté ou en diagonal de n’importe quelle carte (ou tas) sur un espace vide.

Fin de manche et fin de partie
Les tours s’enchaînent avec un nombre de cartes disponible pour chaque joueur qui se restreint.
Très rapidement, certains joueurs ne pourront pas jouer les cartes appelées qui auront déjà été recouvertes, il disent alors « Coin ». Si lors d’un tour de jeu, tous les joueurs disent Coin, la carte est mise de côté en restant visible pour tous. Si un nombre donné de cartes, dépendant du nombre de joueurs, sont mises de côté, la manche prend fin.
L’autre condition de fin de manche intervient si un joueur n’a plus dans sa zone de jeu, qu’un unique tas de cartes, la manche prend aussi fin.
Les joueurs comptent alors leurs points. Ils additionnent pour cela les points de chacune de leurs cartes (en bas à droite des cartes) encore visibles, et inscrivent ce score sur le carnet de score.
Si un joueur avait déclenché la fin de partie en ayant plus qu’une carte visible, il marque les points de cette carte en négatif.
Trois manches s’enchaînent ainsi et les scores de toutes sont additionnés. Le joueur qui en fin de partie a le moins de points, remporte la partie.

Duck & Cover, j’en pense quoi ?
Pour être parfaitement honnête, Duck & Cover ne sera sans doute jamais un jeu que je sortirai de ma propre volonté, pour jouer entre adultes. Je ne suis tout simplement pas la cible de ce genre de jeux de cartes très accessibles. Malgré cela, il restera dans ma ludothèque et ne prendre sûrement que peu la poussière. Duck & Cover sera en effet le jeu idéal pour jouer avec mes enfants, pour emmener en famille avec moi, et pour jouer avec un grand nombre de joueurs pour des parties légères.
Très fidèle pour moi dans son esprit à Skyjo, il gomme deux de ses défauts, son look des plus austères et le temps d’attente qui peut s’installer entre deux tours lorsque le nombre de joueurs augmente.
Je préfère alors Duck & Cover au Skyjo, sûrement aussi car j’y avais beaucoup trop joué, et que je suis heureuse d’avoir dans ma ludothèque un nouveau petit jeu de cartes universel, qui saura toujours trouver son public.

Retrouver le plaisir d’un vrai design
Premier atout de Duck & Cover, son design est un vrai pied de nez au Skyjo, et aux nombreux jeux de cartes du moment qui ne se donnent pas la peine d’incorporer la moindre illustration.
Ici, chaque tas de cartes personnel est basé sur un thème donné avec humour, et l’on aime choisir et découvrir ses 12 cartes, toutes plus jolies et rigolotes les unes que les autres.
Bien que cette thématisation ne soit que superficielle, j’apprécie vraiment ce parti pris et le résultat final, qui permet aussi une belle lisibilité.
Le gimmick du « Coin », qui fonctionne très bien en festival où sur plusieurs tables adjacentes, les coins incessants font forcément sourire, fonctionne pour moi vraiment moins bien à domicile, et même mes enfants ne prennent pas la peine de le scander et se contentent généralement de dire qu’ils passent.

Un concept accessible à tous
Du côté des règles, nous retrouvons ici un niveau de difficulté très faible, rendant réellement le jeu accessible à tous.
Annoncé à partir de 7 ans, mon fils de 5 ans y joue sans aucun problème.
Il pourra donc réunir avec facilité enfants et grands parents, et rassembler des grands groupes quels que soient les niveaux de chacun.
L’aspect « loto » de l’appel des cartes est aussi un concept familier qui permettra à tous de s’approprier le jeu immédiatement.

Des parties sans temps mort
Autre grosse qualité de ce jeu, le fait que tous jouent en même temps permet d’avoir des parties rythmées, sans aucun temps mort. Une partie à 7 sera alors d’autant plus agréable ici que l’on n’aura jamais le temps de s’ennuyer.
Les prises de décisions étant aussi rapides, on enchaîne très rapidement les tours de jeu et les 3 manches peuvent donc sans aucun problème se jouer en 15-20 minutes.

Un vrai Skyjo-like hasardeux avec un soupçon de contrôle
Vous l’aurez compris, Duck & Cover est vraiment dans son concept et son esprit, très similaire à Skyjo.
Vous retrouverez donc ici ce qui fait l’ADN de ce grand classique, que vous preniez cela pour une qualité ou un défaut.
Pour certains, le fait de pouvoir jouer sans trop réfléchir, en s’amusant des Coin et de la malchance des autres, sera une qualité indéniable, permettant de passer un moment ludique sans pression ni maux de tête.
Pour d’autres (comme moi), ce manque de contrôle et de stratégie sera plutôt un défaut. J’accepte bien évidemment dans ce type de jeux, que l’on ne cherche pas à mettre en place une stratégie sur 8 tours, mais cet aspect très hasardeux sera la raison qui fait qu’il ne sortira jamais avec mes amis joueurs, avec qui je préfèrerai jouer à des titres plus complets.
Vous pourrez néanmoins si vous le souhaitez, observer le jeu de vos adversaires pour essayer de garder en jeu des cartes déjà disparues ailleurs, vous pourrez aussi mémoriser les cartes déjà passées sachant que vous serez moins pénalisés dans l’immédiat en les recouvrant, vous pourrez enfin essayer de vite recouvrir les cartes donnant trop de points, ou en contraire avoir l’ambition de les garder pour tenter un gros score négatif. Ces axes seront globalement les seuls à développer si vous souhaitez augmenter vos chances de gagner et essayer de garder du contrôle sur le jeu.
J’avoue que de mon côté lorsque je m’attaque à un titre aussi familial, j’aime me laisser porter et jouer sans trop réfléchir, histoire de ne pas tenter de maîtriser un jeu, qui se jouera finalement principalement sur le hasard.

Duck & Cover, la revisite la plus fidèle du Skyjo, qui parvient à gommer certains de ses défauts
Duck & Cover a donc pour faire simple, remplacé le Skyjo dans ma préférence d’un petit jeu de cartes très familial. Bien que mes enfants gardent une préférence pour son aîné, je trouve que le rythme et le design de cette nouveauté sont de très belles amélioration au Skyjo, qui pêchait réellement sur ces deux aspects.
Restant au même niveau avec un jeu très familial et manquant de contrôle, il ne convaincra sûrement pas les joueurs habitués à des jeux plus stratégiques, mais si vous recherchez un remplaçant ou un complément au Skyjo, ne vous arrêtez pas au design enfantin de Duck & Cover qui pourra en refroidir certains, puisque la filiation est ici évidente et qu’il saura convaincre les inconditionnels du Skyjo.
Avec son petit prix et son petit format, c’est un jeu qui pourra facilement rejoindre votre ludothèque et que vous pourrez retrouver chez notre boutique partenaire Esprit Jeu ici. Le site propose une grande sélection de jeux qu’ils soient récents ou plus anciens et aussi des précommandes de jeux pas encore parus. Les frais de livraison y sont limités avec des frais réduits pour les envois en Mondial Relay.
J’aime aussi que la boutique propose des promotions toute l’année avec d’ailleurs des titres que j’adore à prix très abordables en ce moment. Enfin Esprit Jeu propose un très bon programme fidélité qui s’active et s’utilise à chaque commande sans minium à débloquer. Idéal pour se faire plaisir à tout moment. Esprit Jeu est enfin une boutique à taille humaine et très rapide, n’hésitez pas à aller la découvrir là.
Et si vous recherchez d’autres revues de jeu familiaux, vous pourrez retrouver l’ensemble de mes articles ici.
*Collaboration commercial non rémunérée avec Esprit Jeu













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