Mon avis sur Jungo, le petit jeu de défausse parfaitement familial

Si il y a bien un type de jeu qui était quasiment absent de ma ludothèque jusqu’à très récemment, et après lequel je ne courrais absolument pas, c’était les petits jeux de cartes et de défausse. Les associant (à tord) à des jeux trop simples et hasardeux pour moi, et aussi à mes soirées d’enfance à jouer encore et toujours aux mêmes jeux de cartes en famille, je regardais toujours de loin leurs sorties sans jamais essayer de les tester.

Et bien qu’ayant toujours une vraie préférence pour les jeux initiés, je sens depuis quelques mois mes goûts s’élargir et ma ludothèque se transformer, et convenir maintenant de plus en plus aussi aux joueurs plus occasionnels, avec l’ajout de nombreux petits jeux légers ou d’ambiance. Au-delà de mon envie de m’ouvrir à d’autres styles, ce changement est aussi en adéquation avec un vrai élargissement de mon cercle de joueurs. Alors qu’il était initialement composé principalement d’un groupe restreint de joueurs aguerris, je trouve que le jeu se démocratise à une vitesse folle aujourd’hui, et que je me retrouve alors à jouer dans toutes les circonstances et avec des amis auxquels je n’aurais pas pensé par le passé.

Pour ces nouveaux joueurs et aussi pour jouer avec mes enfants qui grandissent, les petits jeux de cartes prennent maintenant une vraie place dans ma vie ludique et avec des mises en place et des parties rapides, légères et amusantes, ils sont devenus un indispensable pour moi.

Et dans le genre, l’une des sorties importantes de ce début d’année s’est dévoilée à Cannes, puisqu’après Trio, Cocktail game débarquait cette année avec Jungo* (dont j’ai pu recevoir une boîte presse), son nouveau petit jeu de cartes familial. Fini la mémorisation (à laquelle je suis allergique) et bonjour à la défausse. Avec son design mignon et coloré, et cette mécanique qui me convient finalement mieux, j’étais curieuse de découvrir cette nouveauté tout en restant plutôt prudente devant les avis mitigés de certains qui le trouvaient trop proches d’autres jeux existants.

Alors, est-ce que Jungo a su convaincre la difficile cliente de ce genre que je suis ? Réponse dans cet article après une brève présentation de son fonctionnement.

Esprit Jeu

Jungo en un clin d’œil

Création de Toshiki Arao
Illustré par Laura Michaud (Trio, Maudit Mot Dit)
Edité par Cocktail Games

3 à 5 joueurs
A partir de 7/8 ans
15 minutes

Mécaniques : Cartes, Jeu de défausse

Les règles du jeu en quelques mots

Dans Jungo votre objectif sera simple, vous défausser de toutes vos cartes en premier. Vous pourrez jouer en une manche gagnante ou plusieurs, puisque les parties sont rapides et appellent des revanches.

Comme souvent, vous devrez les uns après les autres jouer des combinaisons de plus en plus fortes avec une vraie particularité ici, celle de ne pas pouvoir ordonner ou réordonner vos cartes au cours de la partie. Le jeu offre cependant des moyens de maîtriser son jeu et de créer des combinaisons à jouer, je vous explique tout cela en détail.

Les différents éléments

La boîte de Jungo reprend le format de Trio, avec donc un petit jeu uniquement composé de cartes de différentes couleurs et de valeurs 1 à 8, avec quelques cartes de valeurs doubles (1/2, 7/8, …).

Petit tour sur les règles

Début d’une manche

Pour jouer une partie de Jungo, vous devrez commencer par distribuer des cartes à tous les joueurs, 10 à 3 joueurs, 8 à 4 ou 5 joueurs.

Ils les prendront alors en main et ne pourront pas les ordonner.

Jouer des cartes

Le premier joueur pourra alors jouer une carte ou une combinaison. Si il souhaite jouer plusieurs cartes d’un coup, il devra respecter les contraintes suivantes :

  • jouer des cartes adjacentes dans sa main
  • jouer des cartes de mêmes valeurs.

Qu’il joue une carte unique ou une combinaison, il devra aussi toujours jouer plus haut que le joueur précédent, soit en jouant le même nombre de cartes mais de valeur(s) plus grande(s), soit en jouant un plus grand nombre de cartes.

Choisir de récupérer des cartes

Une fois que le joueur a joué, par exemple une paire de 7 sur une paire de 2 sur la photo précédente, il devra choisir si oui ou non il récupère les cartes qu’il vient de battre.

Si il choisit de les prendre, il doit prendre l’ensemble de la combinaison juste jouée et il pourra alors placer les cartes où il souhaite dans son jeu, devenant l’une des trois manières de créer de belles combinaisons dans son jeu.

Une autre étant de jouer une ou plusieurs carte(s) de sa main afin de rendre adjacentes des cartes de même valeurs qui était séparées.

Piocher et tenter un Jungo

Si le joueur ne peut pas ou ne souhaite pas jouer, il pourra choisir de piocher une carte. Trois choix s’offrent alors à lui :

  • jeter la carte dans la défausse si elle ne l’intéresse pas
  • la garder et la placer où il le souhaite dans sa main de cartes
  • la jouer immédiatement seule ou avec d’autres cartes de sa main, réalisant alors un JUNGO.

Fin de partie

Les tours de jeu vont s’enchaîner jusqu’à ce qu’un joueur ait réussi à se défausser de toute sa main de cartes. Il remporte alors la manche ou la partie.

Jungo, j’en pense quoi ?

Il faut l’avouer, Jungo est sûrement un jeu que je n’aurais pas acheter au premier abord, si je n’en n’avais pas reçu un exemplaire. J’avais en effet entendu qu’il ressemblait vraiment à un autre petit jeu de défausse que je possède déjà et bien que j’ai immédiatement aimé son design, j’aurais sûrement fait l’impasse.

Et pourtant, Jungo a vraiment su se faire sa place chez nous et alors que je suis souvent passive à accepter les parties de ce genre de jeu plutôt que de les proposer, je me retrouve ici plutôt active et lorsque je veux faire un petit jeu de cartes familial avec mes petits loutrons et leur Papa, ou avec des amis ou en famille pour une petite partie légère, Jungo est maintenant un titre qui me vient immédiatement à l’esprit.

Alors qu’est ce qui permet à Jungo de se démarquer pour moi ? Je vous dis tout dans les lignes suivantes.

Un petit jeu canon

Quitte à jouer à un petit jeu de cartes léger, j’aime dans ce style avoir des titres jolis et colorés, qui me procurent aussi du plaisir visuel.

Et Jungo avec son design un peu minimaliste de singes colorés sur fonds noirs, me séduit parfaitement et correspond exactement à ce que j’attends de ce genre de petites boîtes.

Les enfants ou les adultes ont globalement de grandes chances d’être attirés par son univers et clairement ce design plus original et marqué que de simples cartes numériques est une vraie qualité pour moi qui est un premier élément différenciant.

Un jeu accessible pour tous

Autre qualité, Jungo est vraiment un jeu de cartes familial et accessible pour tous les joueurs.

Bien que l’âge annoncé sur sa boîte soit de 10 ans et sur certains sites de 8 ans, ma fille de 7 ans y joue sans aucun problème et même mon fils de 5 ans s’est pris de passion par ce jeu, qu’il est parfaitement capable de jouer en autonomie. Etant malgré tout un enfant de plus en plus joueur, je le recommanderai plutôt dès 7/8 ans, et un peu avant pour les mini joueurs professionnels.

Ses règles étant limitées et sans surcouche qui le complexifierait, son assimilation est assez immédiate et le seul point de règles que nous oublions parfois est la possibilité de piocher lorsque l’on ne peut pas ou ne veut pas jouer, sans grand risque de conséquence puisque la carte peut être immédiatement défaussée.

Ce point de règles particulier est un autre bon exemple de l’accessibilité du jeu et de son caractère très familial. Jungo est globalement très permissif et jamais punitif. Les joueurs ont le choix de jouer ou non, de passer puis de revenir, de piocher pour jouer, défausser ou garder la carte.

Le parti pris est ici assez marqué et j’aime que Jungo en devienne réellement un jeu pour tous, sans être dénué d’intérêt.

Le petit twist de ne pas ordonner ses cartes

Car bien que ses règles soient très simples, son twist principal de ne pas ordonner ses cartes permet d’offrir une expérience de jeu significativement différente des autres jeux de défausse, créant des contraintes et des opportunités singulières et originales (bien qu’un autre jeu reprenant ce twist sorte aussi ce printemps, Happy Mochi, mais avec des règles plus nombreuses et un peu plus complexes, je reviendrai sûrement sur cet autre titre sur ce site).

Pourtant, ce twist dont j’avais entendu parler avant de jouer ma première partie, me rendait assez sceptique, et me donnait l’impression que le contrôle serait encore diminué par rapport à d’autres jeux de défausse, je partais donc méfiante lors de mes premiers tours de jeu.

Mais dans la pratique, dès la première carte posée, on se rend compte que cette contrainte devra être maîtrisée afin de se créer les bonnes opportunités.

Afin de rassembler des cartes de mêmes valeurs de sa main, nous nous retrouverons alors souvent à faire un choix surprenant en gardant des cartes plus faibles qui pourront être rassemblées.

Et alors que je craignais que la main initiale et son ordonnancement ne soit prépondérants dans l’issue des parties, dans les faits j’ai ressenti qu’une bonne configuration de départ ne garantissait pas la victoire, tout comme un tirage un peu malchanceux ne condamnait pas ses chances. Il sera par contre important d’intégrer cette contrainte/opportunité pour tirer le meilleur de son jeu.

Récupérer ou ne pas récupérer, telle est la question

Dans la même optique la question de récupérer ou non les cartes jouées précédemment sera capitale.

Cette règle pourra d’ailleurs aussi influencer votre décision de jouer des cartes ou non.

Dans les premiers tours, il sera assez souvent intéressant de récupérer les cartes pour fortifier son jeu et se créer des combinaisons fortes susceptibles d’être jouées plus facilement. Il sera alors tentant de continuer à récupérer des cartes à chaque tour mais l’objectif étant quand même de vider sa main, il faudra trouver le bon compromis et le bon moment pour commencer à vider sa main, plutôt que de la construire.

Un jeu qui reste très hasardeux

Bien qu’offrant de vraies pistes pour bien jouer et optimiser ses chances de victoires, il est tout même important de noter que Jungo est un jeu qui reste hasardeux et sur lequel votre contrôle aura ses limites.

Alors que je m’attendais à un fort impact de la main initiale, c’est finalement plutôt en jeu que la différence se fait pour moi. La pioche et surtout les combinaisons jouées par ses prédécesseurs et que l’on pourra récupérer, seront un peu les moteurs de vos parties.

Bien que je sois assez réticente aux jeux hasardeux, cela ne me dérange pas ici puisque nous avons à faire à un petit jeu de cartes familial et aussi rapide, qui permet sans aucun problème de lancer de nombreuses revanches afin d’équilibrer les chances de chacun.

Jungo, le jeu de cartes fluide et familial qui nous a surpris

Vraiment, Jungo est un jeu qui m’attirait par son visuel mais que je craignais un peu trop simpliste ou classique pour moi. Et pourtant, j’ai aimé dès ma première sa grande fluidité, qui finalement correspond exactement à ce que je recherche lorsque je joue à un petit jeu de cartes familial.

Simple, accessible et très fluide, il ne s’alourdit pas de règles alambiquées et complexes, et propose l’expérience de jeu familiale ultime. Il est alors devenu en quelques semaines une référence chez nous, lorsque nous recherchons ce type de partie. Beau, rapide, amusant, avec ce qu’il faut de suspense dans ce genre de jeu un peu hasardeux. Ici il remplit toutes les cases et je sais qu’il restera un de nos jeux chouchous et qu’il prend la place de petit jeu de défausse familial préféré chez nous.

Vous pourrez retrouver cet très bon petit titre chez Esprit Jeu , BCD Jeux ou Philibert.

Et si vous recherchez d’autres revues de jeu Adultes, vous pourrez retrouver l’ensemble de mes articles ici. Pour les jeux familiaux, rendez-vous là.

*Collaboration commercial non rémunérée avec Asmodee

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